Ahmad Bentaher
22 Juillet 2026•Mise à jour: 22 Juillet 2026
Les autorités marocaines ont demandé à leurs homologues italiennes d’accélérer l’ouverture d’une enquête approfondie sur la mort d’un ressortissant marocain dans la ville de Bologne, en Italie.
C’est ce qu’a indiqué mardi le ministère marocain des Affaires étrangères dans un communiqué.
Abderrahim Faqir, âgé de 42 ans, est décédé dimanche alors que deux policiers tentaient de le maîtriser dans le quartier de Pilastro, à Bologne, après l’intervention de la police à la suite de signalements faisant état d’un comportement « agressif » et de dégradations commises sur un véhicule.
Dans son communiqué, le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger a déclaré que « les autorités marocaines ont demandé aux autorités italiennes compétentes d’accélérer la conduite d’une enquête approfondie afin de faire toute la lumière sur les circonstances entourant ce décès et de fournir les explications nécessaires concernant cette tragédie ».
Le ministère a insisté sur la nécessité d’établir les responsabilités et de garantir la pleine application des procédures et mesures légales requises.
Il a ajouté : « Les autorités marocaines continueront de suivre cette affaire de près, dans le cadre de leur engagement permanent à protéger les intérêts des citoyens marocains résidant à l’étranger », précisant avoir chargé l’ambassade et le consulat général concernés de suivre l’évolution de l’affaire.
Des vidéos largement diffusées montrent Faqir maintenu au sol, les mains derrière le dos, alors qu’il demandait de l’aide et disait qu’il ne pouvait pas respirer, avant de perdre connaissance et de cesser de bouger.
La sœur de Faqir a demandé, dans des déclarations à des médias, que justice soit rendue à sa famille, exprimant sa crainte que ce qui s’est produit puisse se reproduire avec d’autres personnes.
Le parquet de Bologne a ouvert une enquête sur les circonstances et les causes du décès. Celle-ci porte notamment sur le comportement de toutes les personnes impliquées dans les différentes étapes de l’intervention, dont deux policiers et quatre membres des équipes médicales présents sur les lieux.
Le parquet a indiqué que l’enquête s’appuiera sur les enregistrements diffusés, les images captées par les caméras portées par les policiers ainsi que les examens médico-légaux, afin de reconstituer l’intégralité de la chronologie des événements.
De son côté, la Première ministre italienne Giorgia Meloni a déclaré mardi, dans une publication sur le réseau social américain X, que ce qui s’était passé à Bologne était « inacceptable ».
Elle a souligné la nécessité d’établir les éventuelles responsabilités avec la plus grande rigueur et de rechercher la vérité sans préjugés ni complaisance envers aucune partie.
Dans le même temps, Meloni a condamné les violences qui ont accompagné les manifestations organisées à Bologne, affirmant que s’en prendre aux forces de l’ordre et mettre les citoyens en danger ne contribuait pas à la recherche de la vérité, mais visait à provoquer la confrontation.
La députée italienne Ilaria Cucchi a, pour sa part, critiqué le gouvernement de Meloni, estimant que ses politiques avaient contribué à créer un climat favorisant le racisme et la violence. Des responsables politiques de la coalition au pouvoir ont, quant à eux, défendu le principe de la présomption d’innocence des policiers jusqu’à la conclusion des enquêtes.
Bologne a été le théâtre de manifestations à la suite de la mort de Faqir, dont certaines ont dégénéré en affrontements entre des manifestants et les forces de l’ordre. Ces dernières ont fait usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau, selon des médias locaux.
*Traduit de l'arabe par Wafae El Baghouani