Nadia Chahed
28 Mars 2019•Mise à jour: 28 Mars 2019
AA/Bangui/Sylvestre Krock
En République centrafricaine, la semaine du 18 au 23 mars a été marquée par une série d’initiatives locales destinées à promouvoir la paix et le vivre ensemble, a rapporté l'ONU dans un communiqué.
Ces rapprochements sont l’initiative des communautés de certains quartiers de Bangui, la capitale, et des villages des préfectures du Mbomou (sud-est) et de la Ouaka (sud) qui ont exprimé leur adhésion à l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en RCA et fait des recommandations au Gouvernement centrafricain et à la MINUSCA ( Mission onusienne en RCA),précise cette dernière dans un communiqué publié mercredi sur son site.
A Bangui, les communautés des quartiers Castors, Yakité, Bloc Sara, Yalowa, Camerounais-Douala et Sanga-Bibalé ont signé le 23 mars un accord de bon voisinage et de réconciliation communautaire, rapporte la mission onusienne.
Et de souligner qu'à travers cet acte, elles ont manifesté leur engagement commun à mettre un terme aux hostilités, à interdire le port et l’usage d’armes par la population civile et à faciliter aussi bien la libre circulation des personnes et des biens que le retour, en toute sécurité et de manière pérenne, des populations qui avaient quitté ces quartiers depuis 2016.
Conformément au texte, un comité de suivi sera créé et travaillera notamment avec les autorités et la MINUSCA.
Dans la préfecture de Mbomou, ce sont les communautés des villages de Gambo et de Pombolo qui ont signé un Accord local de paix qui s’aligne sur l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en RCA (APPR).
Réunis pour la première fois le 20 mars, les comités locaux de paix se sont engagés à rapporter toute violation de l’APPR au Comité préfectoral de Bangassou, chef-lieu de la préfecture, précise la MINUSCA.
Les signataires se sont, notamment, engagés à promouvoir un dialogue pacifique et de s’abstenir du recours à la violence pour résoudre les conflits.
Ils ont également fait 20 recommandations adressées aux groupes armés (arrêt des hostilités, et levée durable des barrières illégales taxant la population), au Gouvernement, à la MINUSCA et aux acteurs humanitaires.
Les signataires ont, en outre, décidé de créer un comité de suivi de l’accord local composé de membres des deux comités.
La région avait été secouée par la violence entre 2017 et 2018, avec des attaques répétitives entre les éléments de l’Union pour la paix en Centrafrique (UPC à Pombolo) et les Anti-Balakas (Gambo) près de 200 morts et des milliers de personnes déplacées et une une situation humanitaire grave, rappelle l'ONU.
Dans ce même ordre d'idées, les communautés des villages de Zoubingui et Mbadje Lokoto, dans la préfecture de Ouaka, dont les relations étaient tendues depuis janvier 2019, ont également célébré une journée de réconciliation le 23 mars.
Les deux communautés ont décidé de se réconcilier et de promouvoir la paix et le pardon. Les autorités locales proposent de mettre en place un cadre de concertation pour soutenir l’initiative.
Cette vague de réconciliation succède à la signature le 06 février dernier d'un accord de paix et de réconciliation entre le gouvernement et les 14 groupes armés du pays.
Les parties prenantes centrafricaines réunies du 18 au 20 mars à Addis-Abeba dans le cadre d'une réunion de suivi de l'accord de paix avaient fini par trouver un consensus pour avancer dans la mise en oeuvre de cet accord et le renforcement du caractère inclusif du Gouvernement.