Mohamed Safwene Grira
22 Décembre 2016•Mise à jour: 22 Décembre 2016
AA/ Kinshasa/ Pascal Mulegwa
275 personnes ont été arrêtées en République démocratique du Congo (RDC) après avoir pris part, mardi, à de violentes manifestations hostiles au régime, a informé mercredi la police congolaise.
Parmi ces personnes arrêtées, 116 ont déjà été transférées au parquet, d'après le colonel Pierrot Mwanamputu, porte-parole de la police, qui s'exprimait dans une conférence de presse à Kinshasa.
Pour l'officier congolais, il s'agit de "fauteurs de troubles" et de "désoeuvrés" et "délinquants" qui ont procédé à des actes de vandalisme. Huit sous-commissariats de police ont ainsi été saccagés et pillés dans la seule ville de Kinshasa où 34 bus de transport public ont été vandalisés, d'après la même source.
Le déploiement intensif des forces de sécurité se poursuivra au moins jusqu'au nouvel an, a également informé le porte-parole de la police alors que la situation sécuritaire était marquée par un retour au calme, mercredi, à Kinshasa.
L'opposition a décrié, de son côté, l'arrestation d'un certain nombre de sympathisants ou de simples citoyens opposés au régime de Kabila, d'après diverses déclarations de ses leaders à Anadolu.
Revenant sur la journée de mardi, le directeur du bureau de l'ONU aux droits de l'homme, José Maria Aranaz, a déploré, mercredi dans une autre conférence de presse tenue à Kinshasa, "l'usage excessif" de la force de la part des autorités congolaises qui a fait 19 morts et des dizaines de blessés.
Mardi, la principale plateforme de l'opposition a appelé le peuple à ne plus reconnaître le président Joseph Kabila, auteur d'un "coup d'Etat" en restant au pouvoir au-delà de son dernier mandat. De violentes manifestations ont aussitôt éclaté dans plusieurs villes du pays, dont Kinshasa et Lubumbashi (Sud) et qui ont fait, au moins, une vingtaine de morts et des dizaines de blessés, selon des sources officielles.
Au pouvoir depuis 2001, Joseph Kabila était arrivé lundi dernier au terme de son dernier mandat constitutionnel, alors qu'aucun scrutin présidentiel n'avait pu être organisé en raison d'obstacles techniques et financiers invoqués par le régime.
Un dialogue entre la majorité présidentielle et une frange de l'opposition a convenu, au mois d'octobre dernier, au prolongement du mandat de Kabila jusqu'en avril 2018. La principale plateforme de l'opposition, qui avait boycotté ce dialogue, en a rejeté les conclusions en appelant à une transition politique sans Kabila.