Lassaad Ben Ahmed
06 Février 2018•Mise à jour: 06 Février 2018
AA/Goma/Fiston Mahamba
L'armée congolaise a confirmé, mardi, l'extradition de 34 rebelles du mouvement Maï Maï Yakutumba depuis le Burundi.
Dans un entretien accordé à Anadolu, le porte-parole des forces armées de la République Démocratique du Congo a déclaré que ces rebelles avaient fui au Burundi, suite à l'assaut lancé la semaine écoulée par l'armée gouvernementale dans la presqu'ile d'Ubwari, quartier général de la rébellion dirigée par l'ex-officier de l'armée congolaise William Amuri Yakutumba.
"Trente-quatre rebelles ont été remis par le Burundi aux autorités militaires du Sud-Kivu, parmi lesquels figure le chef de la force navale de ce groupe rebelle, considéré comme l'un de redoutables commandants Maï-Maï Yakutumba", a affirmé à Anadolu le capitaine Dieudonné Kasereka, porte-parole de l'armée Congolaise au Sud-Kivu.
"L'armée a formellement identifié un des officiers extradés comme le commandant de la force marine de la rébellion, une unité phare de cette rébellion dont la principale base se situe au bord du lac Tanganyika", a poursuivi l'officier Congolais.
"Les 34 personnes extradées et les autres rebelles capturés au cours des combats de la semaine dernière seront présentées lors d'une conférence de presse que nous allons animer à Uvira", a conclu le capitaine Dieudonné Kasereka.
Fin janvier, l'armée Congolaise avait lancé une offensive navale contre la presqu’ile d’Ubwari, le principal bastion des rebelles Yakutumba qui, en 2017 avaient mené des attaques contre la ville d'Uvira et plusieurs localités du Sud-Kivu dans un objectif expansionniste, visant à conquérir le pouvoir à Kinshasa.
Lors d'un meeting populaire dans la localité de Lulimba, l'ex officier de l'armée congolaise William Amuri Yakutumba avait déclaré avoir réussi à obtenir l'alliance de plusieurs groupes armés pour pousser le président Joseph Kabila à quitter le pouvoir par les armes, car son régime n'a pas été capable d'organiser des élections pour sa succession.
Les combats de la dernière semaine ont poussé plus de huit milles (8000) Congolais à se déplacer vers le Burundi, alors que d'autres se sont réfugiés au Rwanda et en Tanzanie.
L'organisation humanitaire Handicap International indique que certains de ces Congolais ont été transférés dans les camps de Cankuzo, Songore et Nyabitare.
"Handicap International, qui intervient au Burundi depuis 25 ans, s’est rendue dans la province de Rumonge, avec l’ONG Terre des Hommes, afin d’évaluer les besoins des populations affectées, ainsi que la présence de réfugiés dans la province de Makamba", note le site web de l'organisation.
L'ONG indique qu'un risque d'épidémie de choléra est imminent dans les lieux où ont été regroupés ces réfugiés, suite au manque d’accès aux infrastructures sanitaires (latrines,...).
En outre, Handicap International souligne une carence de logements, de nourritures et d’accès à l’eau mais également de biens non-alimentaires, tels que des couvertures, des moustiquaires, des matelas et du matériel pour la cuisine.
L'organisation humanitaire qui appelle à une intervention humanitaire d'urgence, note que les enfants constituant les 65% de cette population réfugiée, ne sont pas accompagnés de leurs familles.
"Les besoins des populations réfugiées, dont le nombre ne fait qu’augmenter, sont considérables. Nous avons besoin de fonds de toute urgence, afin de pouvoir venir en aide aux personnes les plus fragiles", explique Patrick Kelders, responsable des projets menés en Afrique des Grands Lacs dans une note d'alerte postée sur le site de l'ONG Handicap International.
William Amuri Yakutumba est un ancien officier de l'armée congolaise qui a fait défection avant de s'autoproclamer général et de créer la milice Maï-Maï Alléluia, hostile au régime Kabila.
Son maquis est localisé dans le territoire de Fizi, frontalier avec la Tanzanie, le Rwanda et le Burundi (ce territoire fut le fief de Laurent-Desiré Kabila par lequel il avait organisé son maquis d'où était née la rébellion qui avait chassé Mobutu du pouvoir).