Lassaad Ben Ahmed
22 Avril 2018•Mise à jour: 22 Avril 2018
AA/ Kinshasa/ Pascal Mulegwa
Un accord pour le rapatriement de la dépouille de l’opposant historique congolais Etienne Tshisekedi, décédé en février 2017 en Belgique, a été trouvé samedi à Kinshasa entre le gouvernement, la famille Tshisekedi et son parti politique.
Dans cet accord conclu après de longues tractations entre sa famille, son parti l’Union pour la démocratie et le progrès social UDPS) et le gouvernement, les signataires ont convenu de décréter une "trêve politique" jusqu’à l’inhumation, sans fixer la date du rapatriement.
"Les parties invitent toutes les forces vives ainsi que toutes les couches sociales politiques de la population congolaise à observer conformément à nos coutumes en pareille circonstances une trêve politique", a déclaré lors d’une cérémonie Gérard Mulumba, signataire pour le compte de la famille.
"A cet effet, a-t-il poursuivi, tous éviterons toute récupération politique par les propos, gestes et actes de nature à perturber l’organisation harmonieuse de ces funérailles".
Sans plus de commentaires, Jean-Marc Kabund, secrétaire général de l’UDPS, a affirmé devant la presse qu’il ne fallait "pas encore crier victoire mais attendre la concrétisation du rapatriement de la dépouille".
"Cet accord est le bon (…) nous devons veiller à ne pas politiser ces funérailles", a déclaré le ministre congolais de l’Intérieur Henri Mova.
L’organisation des funérailles et le lieu de l’enterrement divisaient les trois parties qui ont convenu, par cet accord, d’inhumer Tshisekedi dans une concession familiale située dans la périphérie de Kinshasa.
Des funérailles officielles seront organisées au siège du parlement et un avion sera consacré au rapatriement de la dépouille et des membres de la famille restés en Belgique.
Plusieurs fois ministres et Premier ministre sous le Maréchal Mobutu Seseseko (32 ans au pouvoir), Tshisekedi a incarné l’opposition congolaise pendant plus de 30 ans sans recourir aux armes.
Son fils Félix Tshisekedi l’a succédé à la tête de son parti, fin mars dernier, et désigné par la même occasion candidat du parti à l’élection présidentielle, prévue le 23 décembre 2018.
Tshisekedi Fils, qui doit observer une trêve politique en vertu de l’accord trouvé samedi pour les funérailles de son père gardée dans une morgue à Bruxelles, doit animer mardi son tout premier rassemblement populaire dans la capitale Kinshasa en prévision de la présidentielle.