Esma Ben Said
13 Avril 2018•Mise à jour: 14 Avril 2018
AA / Genève / Kinshasa / Pascal Mulegwa
La conférence des donateurs internationaux censée lever 1, 7 milliards de dollars pour les opérations humanitaires en RD Congo a démarré vendredi à Genève sans la participation des autorités congolaises en bras de fer avec les organisateurs, a rapporté le correspondant de Anadolu.
L’absence de la RDC à cette conférence organisée par l’Union européenne (UE) et l’ONU, a été déplorée par plusieurs pays occidentaux dont les Etats-Unis.
Les autorités congolaises ont refusé de participer au motif qu’elles n’ont pas été associées à l’organisation. Elles reprochent également à l’ONU et les ONG d’être trop alarmistes et excessives sur les statistiques humanitaires congolaises, selon des communiqués du gouvernement congolais.
"L’absence de la RDC (…) est non seulement regrettable, mais également incompréhensive", a déclaré vendredi à Genève le ministre belge de la coopération au développement Alexandre Decroo, suivi du représentant l’union africaine (UA) qui a salué l'organisation de la conférence et la solidarité internationale.
Le Botswana, seul pays africain ouvertement critique envers le président congolais Joseph Kabila a, sans faire de donation, fait part de son inquiétude pour la RDC et de son indisponibilité.
Les États-Unis ont annoncé "dans un premier temps" 67 millions de dollars de contribution pour les opérations humanitaires en RDC.
La Norvège a souscrit 15 millions de dollars tout en insistant sur l'importance de laisser l'accès aux populations bénéficiaires. Elle a recommandé à Kinshasa de mettre un terme aux attaques contre les acteurs humanitaires et aux entraves.
"Les besoins humanitaires ont persisté dans le pays et la situation ne cesse de s'aggraver. Nous sommes déterminés à aider les personnes les plus vulnérables de la RDC et à leur redonner espoir", a proclamé le chef humanitaire de l’UE Christos Stylianides qualifiant la crise au Congo-Kinshasa de "crise de protection".
"Le temps joue contre nous", a-t- il lancé plaidant pour un accès humanitaire "sans entraves et continu dans toutes les régions, ainsi que d'une protection pour les travailleurs humanitaires".
Par son biais, l’UE s’est engagée dans la foulée à débloquer 77 millions d’euros (95 millions USD). La grande Bretagne a pour sa part souscrit pour plus de 140 millions de dollars y compris les 31 millions annoncés jeudi dans la capitale Kinshasa.
Le chef humanitaire de l’ONU, Marc Lowcock a affirmé qu’il était prêt à organiser un nouvel événement de suivi de cette conférence, "Quand et où le gouvernement congolais le souhaitera", a-t- il déclaré aux médias.
Avec 4, 5 millions de déplacés internes dont la majorité en mal-nutrition et un demi million de réfugiés sur son sol, la RDC fait partie des principales priorités de l’ONU qui a levé en octobre dernier son plus haut niveau d’urgence (L3). Le niveau "L3" sera désactivé le 20 avril, a promis l’ONU estimant avoir atteint ses objectifs.