Nadia Chahed
13 Octobre 2017•Mise à jour: 13 Octobre 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Le leader du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, la principale coalition de l'opposition en République démocratique du Congo (RDC), a déclaré que le président Joseph Kabila et le président de la Commission électorale ont "déclaré la guerre au peuple congolais".
Félix Tshisekedi réagissait, jeudi soir, en conférence de presse à l'annonce faite mardi par la Commission électorale indépendante ( CENI) qu'il n'y aura pas d'élection présidentielle avant avril 2019.
"Devant cette énième forfaiture, Joseph Kabila et son serviteur Corneille Nangaa ( président de la CENI) ont déclaré la guerre au peuple congolais et se sont de ce fait disqualifiés", a déclaré Félix Tshisekedi.
Il a, en outre, annoncé le lancement imminent d’une campagne de "mobilisations populaires" pour faire partir Kabila avant l’instauration selon lui, d’une courte transition sans Kabila, le chef d’Etat resté au pouvoir au-delà de son dernier mandat arrivé à terme le 19 décembre 2016.
Un remplaçant de Kabila sera, selon Tshisekedi, désigné pour gérer cette transition qui mènera vers la tenue "rapide" des élections.
Lors d’une réunion mardi avec les représentants de la société civile, la Commission électorale a annoncé qu’il faudra au moins 504 jours après la fin de l’opération de recensement des électeurs (décembre 2017) , pour pouvoir organiser un scrutin.
Une déclaration jugée "irresponsable" par Tshisekedi.
La CENI avait, par ailleurs, affirmé qu’un calendrier électoral sera publié au courant du mois d’octobre après une réunion d’évaluation du processus électoral conjointement avec le gouvernement et le conseil national de suivi de l’accord (CNSA).
Moise Katumbi, principal opposant de Kabila et candidat déclaré à l’élection présidentielle a, récemment, menacé de "faire appel à la rue" pour déloger Kabila, au cas où les élections dont la présidentielle ne se tiendraient pas avant la fin de l'année 2017 comme prévu par l'accord politique.
Joseph Kabila est resté au pouvoir en vertu d’un arrêt controversé de la cour constitutionnelle et d’un accord politique signé le 31 décembre 2016 entre Kinshasa et l’opposition.
La Constitution lui interdit de briguer un troisième mandat mais l’opposition l’accuse de manœuvrer pour reporter "indéfiniment" les élections et rester au pouvoir.