Fatma Bendhaou
06 Novembre 2020•Mise à jour: 06 Novembre 2020
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Le Coordonnateur humanitaire des Nations unies en République démocratique du Congo (RDC), David McLachlan-Karr, a condamné, vendredi, les récentes attaques contre les travailleurs humanitaires dans l’Est congolais, tout en appelant à la « libération immédiate et sans condition » de ceux encore pris en otage par des hommes armés.
Dans un communiqué dont Anadolu a eu copie, le responsable onusien rappelle que la RDC observe, depuis début 2020, « une recrudescence des incidents sécuritaires visant le personnel humanitaire » alors que la COVID-19 « aggrave la situation socio-économique et que les fonds manquent pour répondre aux besoins les plus urgents ».
Depuis le 15 octobre, « trois attaques ont été rapportées au Sud-Kivu visant des membres d’organisations non-gouvernementales au cours de leurs missions d’assistance aux plus vulnérables. Lors de la dernière, qui a eu lieu le 3 novembre, trois travailleurs humanitaires ont été enlevés au cours d’une embuscade tendue par des hommes armés non identifiés dans le territoire de Fizi. Jusqu’à présent, ils demeurent aux mains de leurs ravisseurs », souligne le communiqué.
Qualifiant la situation de « préoccupante et inacceptable », David McLachlan-Karr note que « cibler le personnel humanitaire entrave le secours aux Congolaises et Congolais en situations très critiques, viole le droit international humanitaire, et va à l’encontre de la résolution 2417 qui condamne notamment les refus illicites d’accès humanitaire ».
Il prévient que si les incidents se poursuivent, « des acteurs humanitaires pourraient, au détriment des bénéficiaires identifiés, être contraints à se retirer pour préserver leur propre sécurité ».
Ces attaques compliquent davantage la situation humanitaire en RDC, pays qui compte 21,8 millions de personnes en insécurité alimentaire aiguë, un triste record mondial, 5,2 millions de déplacés et 529.000 réfugiés, installés parfois depuis de nombreuses années, ne pouvant rentrer chez eux, faute de conditions favorables.