Esma Ben Said
23 Octobre 2017•Mise à jour: 23 Octobre 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
L’ONU a demandé lundi aux autorités congolaises de libérer plusieurs dizaines de membres d’opposition arrêtés dimanche à Lubumbashi dans le Sud-est de la
République démocratique du Congo (RDC), selon un communiqué.
Dimanche près de 50 militants du principal parti d’opposition, l’union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) qui étaient en réunion ont « été brutalement arrêtés après avoir été séquestrés par la police qui a aussi saccagé le siège provisoire du parti et pillé de biens » a déclaré à Anadolu le président de la ligue de jeunes du Parti, Danny Banza.
Auprès d’Anadolu, le général Paulin Kyungu, commissaire provincial de la police dans la province du Haut-Katanga dont Lubumbashi est la capitale a indiqué sans plus de détails « qu’ils ne sont même pas 30 sous les verrous » à Lubumbashi.
« Je demande instamment aux autorités congolaises la libération immédiate et inconditionnelle des personnes arrêtées arbitrairement hier à Lubumbashi », a
déclaré dans un communiqué publié lundi à Kinshasa, Maman Sidikou, Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en RDC et chef de la MONUSCO (force onusienne déployée en RDC).
D'après la mission onusienne, trois véhicules de la Police sont arrivés dimanche sur les lieux pour les « encercler avant de faire appel à une unité commando des Forces armées de la RDC pour forcer l’entrée du lieu de réunion dans lequel les militants s’étaient barricadés. Les forces de défense et de sécurité ont alors arrêté de nombreux militants », ajoute le communiqué.
Le responsable onusien a, dans le même texte, rappelé aux autorités congolaises leurs obligations de « garantir les libertés publiques et les droits civils et politiques à tous » conformément à la Constitution et aux engagements internationaux.
Ces arrestations massives ont eu lieu la veille de l’arrivée annoncée dans cette deuxième importante ville de la RDC, de Félix Tshisekedi le leader de la principale coalition de l’Opposition.
Par cette ville Tshisekedi devait entamer une tournée politique à travers le pays, selon l’Opposition.
Dans un communiqué publié samedi à la suite de l’annonce de l’arrivée de Tshiskedi dans cette ville, le maire de Lubumbashi a interdit « les caravanes motorisées, marche, procession et tous les rassemblements populaires » dans cette ville, fief de l’opposant Moise Katumbi candidat déclaré à l’élection présidentielle.