Lassaad Ben Ahmed
14 Octobre 2020•Mise à jour: 14 Octobre 2020
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Les présidents de l’Assemblée national et du Sénat congolais, Alexis Ntambwe Mwamba et Jeanine Mabunda ont indiqué qu’ils étaient "perplexes", au sujet de l’intronisation de trois juges constitutionnels, nommés en juillet dernier par le président de la République démocratique du Congo (RDC), et dont la procédure avait été vivement contestée par le camp de l’ancien président Joseph Kabila majoritaire dans les deux chambres du parlement.
Alexis Ntambwe Mwamba et Jeanine Mabunda avaient rencontré le président Félix Tshisekedi, lundi, pour lui faire part de leur position concernant cette nomination et « la controverse socio-politique qui s’en est suivie », souligne une dépêche du service de la communication du Parlement, mercredi.
Le Parlement a affirmé « son attachement au respect des textes ».
En conséquence, poursuit le même communiqué, le parlement s’est engagé à « poursuivre la réflexion dans l’optique de rechercher des solutions idoines et respectueuses de la Constitution, des lois et règlements nationaux pour la sauvegarde des acquis démocratiques nés de l’alternance politique historique de 2019 ».
Dans une réaction sous forme d’une « mise au point », la présidence a qualifié le communiqué du parlement d’un « tract » avec un contenu « nul et de nul effet ».
Selon la loi congolaise, les membres de la Cour constitutionnels sont « présentés à la Nation, devant le Président de la République, l’Assemblée Nationale, le Sénat et le Conseil supérieur de la Magistrature ». Ils prêtent serment devant le Président de la République.
En juillet dernier, Tshisekedi avait nommé trois nouveaux membres de la Cour Constitutionnelle, en éjectant deux autres qu’ils avaient mutés à la cour de cassation. Ces nominations avaient défrayé la chronique.
Le camp Kabila, les opposants Martin Fayulu et Me Théodore Ngoy, deux candidats malheureux à l’élection présidentielle de décembre 2018, avaient estimé que le Président de la République avait violé la Constitution en nommant les deux juges de la Cour constitutionnelle à la Cour de cassation alors qu’ils exerçaient encore leurs mandats.
Les deux juges avaient refusé de quitter la cour constitutionnelle.