Esma Ben Said
08 Mai 2018•Mise à jour: 08 Mai 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Les corps des quatre accompagnateurs congolais des deux experts de l’ONU tués en mars 2017 dans la région du Kasaï (Centre de la RDC) alors qu’ils enquêtaient sur des violences dans la région, ont été retrouvés, a appris mardi Anadolu de source officielle congolaise.
"Nos équipes ont découvert ces corps depuis le 24 avril, le temps pour le médecin légiste de lier par des examens les noms aux dépouilles", a déclaré à Anadolu la ministre congolaise des droits humains, Marie-Ange Mushobekwa.
D’après la même responsable, les cadavres de ces trois conducteurs de moto et d’un interprète ont été découverts dans le village de Moyo Musuila, à environ 60 kilomètres au nord de la ville de Kananga, capitale de la province du Kasaï-central qui fut le bastion de l’insurrection des miliciens Kamwina Nsapu contre l’Etat.
L'américain Michael Sharp, la suedo-chilienne Zaida Catalan et les quatre accompagnateurs congolais ont disparu le 12 mars 2017 autour de la ville de Kananga, alors qu'ils enquêtaient sur les violences qui ont ravagé la région du Kasaï.
Les corps de deux experts missionnés par le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, ont été retrouvés dans des fosses communes peu profondes 15 jours plus tard. Le secrétaire général de l'ONU avait fin 2017, nommé le procureur canadien Robert Petit pour accompagner la justice congolaise dans les enquêtes.
Les audiences du procès des assassins présumés ouvert depuis le 5 juin 2017 devant un tribunal militaire local sont suspendues depuis le mois d’octobre.
À ce jour, selon la ministre, 19 personnes soupçonnées d’avoir exécuté ou commandité la mort des deux experts ont été arrêtées.
Selon la version de Kinshasa, les deux experts ont été tués par des "terroristes" de la milice Kamwina Nsapu des partisans et jeunes du Kasaï révoltés après que la police épaulée par l’armée a tué en Aout 2016 leur chef traditionnel.
Dans cette affaire, l'ONU détient deux rapports réalisés par ses enquêteurs.
L’un, datant de juin, évoque un "guet-apens prémédité", sans exclure l'implication de membres de la sécurité d'Etat, alors que l’autre, émis en mois d’août, évoque un crime commis par des miliciens.
Dans la vaste insurrection au Kasaï - marquée par la riposte de l’armée, pas moins de 5000 personnes ont été tuées entre aout 2016 et Juin 2017, d’après des chiffres de l’ONU. Un millier de morts d’après Kinshasa et plus de 3 300, selon l'Eglise Catholique, plus grande structure sociale du pays.