Mohamed Safwene Grira
12 Février 2017•Mise à jour: 12 Février 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
L'opposition congolaise a lancé à Kinshasa une cérémonie d'hommage à son leader historique, Étienne Tshisekedi, dont le décès, début février en Belgique, a perturbé les négociations sur la résolution de la crise politique.
Plusieurs centaines de personnes et cadres de l’opposition se sont recueillies, depuis samedi, dans le siège de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti d'Étienne Tshisekedi, situé dans son fief de Limeté à Kinshasa.
Cette cérémonie qui se poursuivra jusqu'au rapatriement de la dépouille de l'opposant de Belgique, vise à permettre "à tous les militants, sympathisants, membres et habitants de Kinshasa de rendre hommage au père de la démocratie en République démocratique du Congo" (RDC), a expliqué à Anadolu, Jean Marc Kabund, secrétaire général de l'UDPS.
Mercredi dernier, le principal parti de l'opposition en RDC avait exigé la mise en place du nouveau gouvernement de transition avant le rapatriement de la dépouille de l'opposant historique Étienne Tshisekedi, pour lequel des obsèques officielles sont prévues.
L'UDPS a également exigé la construction d'un mausolée au centre-ville de Kinshasa "où sera gardé, pour l’éternité, le corps du père de la démocratie", alors que le gouvernement a dénoncé, de son côté, une tentative de "récupération politique".
Les négociations sur les modalités de l'application de l'accord politique de la Saint Sylvestre ont été suspendues, samedi, jusqu'à l'enterrement de Tshisekedi, d'après la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) qui assure la médiation dans l’actuelle crise politique en RDC.
L'accord prévoit la mise en place d'un gouvernement d'union nationale dirigé par l'opposition et le maintien du président Joseph Kabila au pouvoir jusqu'aux élections. Le président de l'UDPS devait assurer la présidence de l'organe de surveillance de la transition, jusqu'à l'organisation d'élections générales en fin d'année.
Le report du scrutin présidentiel, prévu en novembre dernier, avait fait basculer la RDC dans une crise politique et sécuritaire.
L'opposition accusait le président Kabila de vouloir se maintenir au pouvoir au-delà de son dernier mandat constitutionnel, alors que les autorités invoquaient des difficultés techniques et financières.