Nadia Chahed
19 Janvier 2018•Mise à jour: 20 Janvier 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
La principale coalition de l’Opposition en République démocratique du Congo (RDC) a appelé le peuple congolais à participer massivement à la marche pacifique prévue dimanche par le Comité laîc de coordination, en vue de réclamer l'application de de l'accord du 31 décembre 2016.
Cet appel a été lancé par le Rassemblement des forces acquises au changement dans un communiqué publié jeudi soir et dont Anadolu a reçu copie.
Le rassemblement réitère dans le texte "son adhésion à l’appel lancé par le Comité laïc de coordination au peule congolais pour libérer « l’avenir de notre pays » pris en otage par un régime despotique en déliquescence".
S’inscrivant dans la ligne de la nouvelle initiative de comité, le rassemblement de l'opposition, appelle "le peuple congolais à participer à la marche pacifique de ce dimanche 21 janvier 2018 qui partira de toutes les paroisses catholiques à travers le territoire national".
Le rassemblement "encourage, en outre, les autres confessions religieuses à se joindre à l’initiative du comité laïc de coordination en répondant massivement à cet appel".
La plateforme de l'opposition demande enfin à la cour pénale internationale, aux Nations Unies et à l’Union africaine, "de mettre en garde le régime kabila contre toute forme de violence et leur recommande d’enclencher le cas échéant les mécanisme d’inculpation du régime pour crimes contre l’humanité".
Proche de l’Eglise catholique, reconnu par l’épiscopat et Vatican, le comité laïc de coordination a appelé à organiser des marches le 21 janvier sur tout le territoire pour exiger le départ de Kabila et son engagement à ne pas briguer un nouveau mabdat, la libération des prisonniers politiques et la fin de l’exil des opposants menacés d’arrestation à leur retour au pays.
Il s'agit de la deuxième mobilisation d'envergure initiée par le comité laïc après celle du 31 décembre dernier, violemment dispersée par la police à Kinshasa avec un bilan de 6 morts, selon l’Eglise.
Le gouvernement a mis en garde les catholiques contre "toute récidive". Des mandats d'arrêt contre cinq des huit responsables du comité laïc de coordination ont par ailleurs été émis par le parquet de Kinshasa.
Le climat politique demeure tendu en RDC malgré la publication d'un calendrier électoral fixant les prochaines élections dont la présidentielle le 23 décembre 2018.
Arrivé au pouvoir en 2001 après l’assassinat de son père (Laurent-désiré Kabila), Joseph Kabila a achevé ses deux mandats autorisés par la constitution le 19 décembre 2016. Il est resté au pouvoir en vertu d’une clause de la constitution qui l’autorise à rester en fonction jusqu’à l’élection de son successeur. Les élections initialement prévue avant la fin de l'année 2016 n'ont pu être tenue à cause de " contraintes financières" selon les autorités.