Nadia Chahed
08 Avril 2017•Mise à jour: 09 Avril 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Le principal parti d’opposition en République démocratique du Congo (RDC) a dénoncé, samedi, la nomination de Bruno Tshibala, l'un de ses cadres dissidents au poste de premier ministre, a rapporté le correspondant d’Anadolu.
Interrogé à ce propos par Anadolu, jean-Marc Kabund-A-Kabund, secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS-principal parti d'opposition en RDC), a pointé du doigt "l'immoralité" d'une telle nomination, d'autant que Tshibala ne fait partie ni du Rassemblement des forces acquises au changement, ni de l’UDPS, a-t-il déploré.
"C'est une insulte envers le peuple congolais et une violation de l’accord du 31 décembre dernier", a-t-il ajouté, réitérant l’appel à une marche de protestation lundi 10 Avril , pour exiger de Kabila l’application de l’accord signé le 31 décembre dernier entre pouvoir et opposition pour une sortie de crise.
La nomination de Bruno Tshibala a, d'ailleurs, été accueillie par une contestation unanime au sein du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, plateforme à qui revient la primature selon l'accord politique du 31 décembre, a appris Anadolu auprès de sources au sein de cette plateforme.
La plateforme s'attendait, en effet, à la nomination de Félix Tshisekedi au poste de premier ministre conformément à la lettre remise aux évêques catholiques (qui assuraient la médiation entre les autorités et l'opposition) par son père et chef du parti Etienne Tshisekedi, décédé le 1er février dernier en Belgique.
Annonçant mercredi qu’il allait nommer « impérativement » un nouveau premier ministre dans les 48 heures, le président Joseph Kabila avait appelé le Rassemblement à "surmonter ses querelles" et à harmoniser les points de vue", afin de présenter la liste des candidats pour le poste de Premier ministre.
Selon le cabinet du chef de l’Etat congolais, le nom de Bruno Tshibala faisait partie d’une liste de cinq noms livrée à kabila par la partie dissidente de la plateforme de l'opposition.
Le 4 mars dernier, Tshibala avait été radié de l’UDPS dont il était le secrétaire général-adjoint, pour s’être opposé à la restructuration du Rassemblement, notamment, à la nomination de Félix Tshisekedi et de Pierre Lumbi respectivement président et président du conseil des sages de la plateforme d'opposition après la mort d’Etienne Tshisekedi.
L'Union Européenne (UE) a, de son côté, relevé, samedi, "le manque de consensus" sur la nomination de Tshibala, exprimant "sa grande inquiétude à ce sujet".
"L’Union européenne (UE) prend note du discours du Président Kabila du 5 avril sur l'état de la Nation, suivi par la désignation d’un nouveau Premier Ministre, contrairement à la lettre et à l’esprit de l’Accord du 31 décembre 2016", indique un communiqué de l'UE.
Evoquant la tenue des manifestations prochaines annoncées par une partie de l’opposition, l’UE a rappelé que "le droit de manifester pacifiquement est le corollaire de tout processus politique", appelant "tous les acteurs politiques de tout faire pour éviter les débordements et invite les autorités à garantir le respect de l’espace public et à éviter l’utilisation disproportionnée de la force par les responsables du maintien de l’ordre".