Lassaad Ben Ahmed
11 Décembre 2017•Mise à jour: 11 Décembre 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Une dizaine de députés de l’opposition accompagnés d’une centaine de militants de leurs partis ont manifesté, lundi, à Kinshasa contre le nouveau projet de la loi électorale qui, selon elles, défavorise les candidatures "fantaisistes" et réduit le coût des élections, a rapporté le correspondant d’Anadolu.
Partie du Pont Cabu, la courte marche spontanée a chuté au siège du Parlement où les sénateurs débattent, depuis ce midi, sur cette loi censée être promulguée au plus tard le 15 décembre par le président Joseph Kabila, selon le calendrier émis par la commission électorale et dont la mise en application dépend de cette loi.
"Nous ne voulons pas de la machine à voter", scandaient en Lingala (un de 4 dialectes nationaux), les manifestants.
Les députés et leurs militants opposés à la "démocratie des riches" poursuivaient en dénonçant le doublage de la caution à payer par les candidats pour les élections législatives.
Au siège du parlement, plusieurs militants ont été arrêtés par la police, après le retrait des députés, a rapporté une journaliste d’un média local sans donner de chiffres.
Selon la commission électorale, le système de la "machine à voter" est le fruit de "l’expertise congolaise" et vise à "réduire la taille" du bulletin de vote, ce qui induira le budget des élections.
"Faux !", réplique à Anadolu le député Toussaint Ekombe, affirmant que ce système permettra au camp présidentiel de "tricher et de rafler la quasi-totalité des sièges à l'Assemblée nationale".
Plus de 700 partis politiques opèrent actuellement en RDC, a récemment indiqué à l’Assemblée nationale le ministre de l’Intérieur Ramazani Shadary défendant ce projet de loi qui, selon lui, va "décourager les candidatures fantaisistes" et favoriser "des regroupements des partis politiques".
La plupart des formations politiques sont des "partis-tiroirs, sans militants et sans drapeau", déclarait le président de l’Assemblée nationale Aubin Minaku dans une réunion stratégique de la majorité présidentielle et dont l’enregistrement sonore a été révélé en novembre dernier par le Magazine français, Jeune Afrique.
Ce projet a été adopté à l’Assemblée nationale suite au boycott de la plénière par les députés de l’opposition plénière.
Ces derniers appelaient à la "coalition de toutes les forces de l'opposition" et à une "mobilisation comme celle de janvier 2015, afin d’arrêter les dégâts".
Début 2015, l’examen et le vote au Sénat d’une loi électorale conditionnant les élections législatives et présidentielle par les résultats du recensement général des populations, avait été suspendue après de violentes manifestations de l’opposition dans la capitale Kinshasa et dans plusieurs autres villes du pays.