RDC : Marée humaine lors d'un meeting de l'opposition
- Martin Fayulu, Freddy Matungulu, Vital Kamerhe et Félix Tshisekedi ont insisté sur le retrait de la controversée machine à voter et le nettoyage du fichier électoral qui compterait des millions d'électeurs fictifsLassaad Ben Ahmed
30 Septembre 2018•Mise à jour: 30 Septembre 2018
Congo, The Democratic Republic of theAA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Les principaux candidats de l'opposition à la présidentielle prévue le 23 décembre en République démocratique du Congo (RDC) ont mobilisé des centaines de milliers de partisans lors de leur premier meeting dans la capitale Kinshasa avant la désignation d'un candidat commun.
Au cours de ce meeting qui a eu lieu samedi, Martin Fayulu, Freddy Matungulu, Vital Kamerhe et Félix Tshisekedi, dont les candidatures ont été retenues par la Cour constitutionnelle pour la présidentielle, ont pris la parole, insistant sur le retrait de la controversée machine à voter et le nettoyage du fichier électoral qui compterait des millions d'électeurs fictifs, selon eux.
Parmi les opposants présents, se trouvait l'ancien premier ministre Adolphe Muzito, dont la candidature a été invalidée.
Absent du pays, les opposants Jean-Pierre Bemba et Moïse Katumbi ont également pris la parole via liaison téléphonique, insistant sur la désignation "rapide" d'un candidat unique de l'opposition.
"Il faut tout faire pour bloquer la machine à voter. Nous sommes soudés, aujourd’hui, et ce que nous faisons ici, c’est prêter serment pour l’unité de l’opposition", a soutenu Katumbi.
"J'invite les leaders de l’opposition à pouvoir nous réunir rapidement dès la semaine prochaine pour pouvoir mettre en place notre position commune en vue d’un programme commun", a déclaré Jean-Pierre Bemba.
Félix Tshisekedi a, quant à lui, mis en garde contre toute influence qui pourrait empêcher chacun de se mettre derrière le candidat commun et de vaincre le régime qui a "plongé le pays dans la plus dure misère en 20 ans", a-t-il soutenu.
Plus de deux cents policiers étaient déployés devant le siège du parlement et dans les rues situées aux alentours de l'espace triomphal où a eu lieu le meeting.
Ce rassemblement est l'un des très rares de l'opposition, autorisés par les autorités en RDC depuis deux ans. Toutes les manifestations publiques à caractère politique avait été interdites dans le pays depuis septembre 2016.
Les sept principaux opposants rejettent l'usage de la machine à voter alors que la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) entend recevoir le dernier lot de ces machines de fabrication sud-coréenne en octobre.
Pour les trois scrutins prévus le 23 décembre ( présidentiel, législatif et provincial), la Ceni a besoin de plus de 100 000 machines à voter.
L'institution a récemment annoncé que le rejet catégorique de l'usage de ces machines en faveur du vote à bulletin-papier impliquera "impérativement" le report des élections.