Esma Ben Said
16 Novembre 2017•Mise à jour: 16 Novembre 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Kinshasa a dénoncé jeudi une réaction "imaginaire" du parquet suédois qui regrettait mercredi le "manque" de coopération des autorités congolaises pour les enquêtes sur le meurtre de Zaida Catalan et Michael Sharp, deux experts de l’ONU assassinés en mars dernier dans le centre de la République démocratique du Congo (RDC).
Dans un communiqué publié mercredi le parquet général suedois a affirmé avoir demandé la coopération de la RDC dès le 27 avril dernier, mais le gouvernement n'a jamais répondu à la demande.
"Cette réaction est tachée de mensonge et d’imagination. Nous ne pouvons pas être accusé de cela alors même que nous avons autorisé les Etats-Unis à venir enquêter […] et qu'il existe une parfaite coopération entre la Suède et les Etats-Unis sur terrain" a déclaré à Anadolu Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais.
Apres l’assassinat des deux experts, le gouvernement congolais avaient "rapidement" et "officiellement" lancé un appel aux autorités suédoises et américaines pour "qu’ils viennent participer à cette enquête" a ajouté Mende.
Toutefois, l'enquête menée par Kinshasa et le procès ouvert depuis le 5 Juin dernier dans la ville de Kananga, la capitale de la province du Kasaï-central ne sont pas "conformes" aux standards légaux "minimum" selon le parquet suédois notant que rien ne permet actuellement d'exclure que des "personnalités" congolaises soient impliquées dans cet assassinat.
En réaction, Mende a regretté "une posture politique qui pourrait conduire la RDC à penser qu’il y a anguille sous roche" derrière cette communication suédoise.
L’experte Suedo-Chilienne Zaida catalan et son collègue américain Michael Sharp avaient été tués le 12 mars 2017, alors qu’ils enquêtaient sur les violences qui ont ravagé, durant un peu plus d’une année, la région du Kasaï dans le centre de la RDC.
La tête de la jeune experte avait été décapitée par des assaillants présentés par Kinshasa comme des miliciens Kamwina Nsapu, aux prises avec les forces de sécurité congolaises et qui s’attaquaient aux édifices de l’Etat.
Dans cette affaire l’ONU détient deux rapports réalisés par ses enquêteurs et consultés par Anadolu. L’un datant de juin, évoque un "guet-apens prémédité", sans exclure l'implication de membres de la sécurité d'Etat, alors que l’autre, émis au mois d’août, évoque un crime commis par des miliciens et réclame des investigations complémentaires pour identifier formellement les auteurs.