Nadia Chahed
08 Mars 2017•Mise à jour: 09 Mars 2017
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Plus d'une centaine de mineurs accusés de participation à un mouvement insurrectionnel dans le centre de la RD Congo, ont été relâchés, a annoncé la Mission onusienne en RDC ( Monusco).
Ces libérations ont été faites entre décembre 2016 et Février 2017, indique Monusco dans un communiqué diffusé sur son site web.
"Ces enfants âgés de 4 à 16 ans disent avoir été recrutés en août 2016 dans différents villages des provinces du Kasaï. Ils étaient utilisés comme gardiens de fétiches et éclaireurs. Ils portaient comme armes, des bâtons et des couteaux", précise la même source.
Selon la Mission onusienne, ces enfants disent "avoir été lavés dans une eau prétendument magique en signe d’initiation pour intégrer le groupe", note encore le communiqué, ajoutant "après avoir bu un liquide prétendument magique, ces enfants ont été envoyés en mission pour " conquérir les villes et villages des provinces Kasaïennes. Ils affrontent alors régulièrement les forces de sécurité, par vagues et dans différentes localités".
Cette annonce survient après l'annonce, lundi, par le bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), que 600 mille personnes ont besoin d'assistance humanitaire dans les provinces du centre de la RDC.
Selon l'OCHA il s'agit de victimes de la crise sécuritaire, née d'un conflit coutumier, qui secoue depuis des mois les provinces du Kasaï-central, Kasaï Oriental et Kasaï dans le centre de la RDC, indique le bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), dans un communiqué.
Région diamantifère de la RDC, le Kasaï est le théâtre depuis août 2016 d’affrontements sanglants entre l’armée et les miliciens de Kamwina Nsapu, un chef traditionnel abattu en juin 2016 par la police dans la ville de Tshimbulu au Kasaï central.
Médecin de son état, Kamwina Nsapu (Jean-Pierre Pandi, de son vrai nom) avait appelé en juin dernier à une insurrection populaire visant à débarrasser le Kasaï-Central, de toutes les institutions et autres services sécuritaires, auteurs selon lui, des "tracasseries contre les populations".
Fin janvier, les autorités congolaises avaient relaxé une quarantaine des miliciens de Kamwina Nsapu dans la ville de Kananga, afin d'apaiser la situation dans cette région diamantifère de la RDC.
Des affrontements entre ces miliciens et les forces de sécurité congolaises ont fait au moins 400 morts entre août 2016 et février 2017, selon l'ONU.