Majdi Ismail
07 Avril 2023•Mise à jour: 07 Avril 2023
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Un tribunal militaire de Kinshasa a condamné, vendredi, six civils à la peine de mort pour le meurtre de l'ambassadeur d'Italie, de son garde du corps et d'un chauffeur en février 2021, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC).
La peine de mort est prononcée en RDC mais n’est jamais appliquée à cause d’un moratoire des autorités pour l’abolition de la peine de mort depuis 2003. Elle est systématiquement commuée en peine de réclusion à perpétuité.
Le tribunal militaire de la garnison de Kinshasa-Gombe qui a rendu sa décision lors d’une audience publique dans l’enceinte de la prison militaire de Ndolo à Kinshasa, a reconnu coupable les six prévenus - dont un toujours en fuite- de « meurtre, association de malfaiteurs, détention illégale d'armes et munitions de guerre ».
Maître Joseph Amzati, l’un des avocats de la défense a annoncé auprès d’Anadolu qu’il allait interjeter appel de la décision « injuste » du tribunal « auteur d’un mal jugé ».
Le procès avait été ouvert le 12 octobre 2022.
L'ambassadeur d'Italie en RDC, Luca Attanasio, son garde du corps italien, le carabinier Vittorio Iacovacci, et un chauffeur congolais du Programme alimentaire mondial (PAM), Mustapha Milambo, avaient été abattus, le 22 février 2021, au nord de la ville de Goma, aux abords du parc national des Virunga.
Ils avaient été tués par balles après avoir été pris en otage dans une embuscade. Le procureur militaire avait alors avancé la thèse d’un kidnapping qui avait mal tourné.
Les assaillants avaient été présentés par le procureur comme une « bande criminelle » et des « coupeurs de routes » qui voulaient détenir les otages pour exiger une rançon d’un million de dollars en vue de leur libération. Ils n’avaient pas l’intention de tuer les trois personnes.
Les accusés avaient nié les faits tout en contestant leurs aveux initiaux, selon eux, obtenus par la police sous la torture.
Ils assuraient être des nettoyeurs des véhicules « ramassés » par la police et qu’ils avaient été arrêtés arbitrairement.
Le tribunal a accordé à la République d'Italie, constituée partie civile, deux millions de dollars au titre des dommages et intérêts.
La partie civile avait également demandé 60 millions d’euros pour le compte du père de l’ambassadeur assassiné.