Lassaad Ben Ahmed
05 Avril 2018•Mise à jour: 06 Avril 2018
AA / Goma / Fiston Mahamba
Les avocats de défense de l'opposant et candidat à la prochaine présidentielle du 23 décembre en RDC, Moïse Katumbi, ont indiqué, jeudi, à Anadolu, qu'ils comptent sur les mesures de décrispation prévus par l'accord de la Saint-Sylvestre pour que leur client soit jugé par un tribunal de paix et non par la Cour suprême du pays, dont les décisions sont irrévocables.
«Au stade actuel, nous sommes sans instrument juridique pouvant nous permettre d’empêcher la comparution de notre client devant cette juridiction, qui, en cas d’inculpation empêcherait à Moïse Katumbi d’interjeter appel», a déclaré à Anadolu, le bâtonnier Joseph Mukendi, membre du collectif d’avocats.
Il a, toutefois, indiqué que seule l’alerte de l’opinion publique suivie de la pression de la communauté internationale pour la mise en application de prescrits de l’accord de la Saint-Sylvestre restent capables de faire rebondir cette décision de la justice congolaise.
«La conférence de presse que nous avons animée, mercredi, à Kinshasa est une alerte pour la mobilisation de l’opinion publique sur une énième mascarade du procès montée contre Moïse Katumbi», a souligné l’avocat, affirmant qu’il compte sur les mesures de décrispation pour que son client soit jugé par un tribunal de paix à la place de la Haute cour du pays.
«Les mesures de décrispation de l’accord de la Saint Sylvestre appellent les autorités congolaises à l’arrêt de poursuites judiciaires contre Moïse Katumbi. Ce qui implique que la mise en œuvre intégrale de ces recommandations pourra stopper cette parodie de justice», a poursuivi l’avocat à Anadolu.
Le procès contre l’opposant congolais en exil, Moïse Katumbi, dans l'affaire de recrutement de mercenaires est fixé pour le 26 juin 2018 devant la Cour suprême de justice à Kinshasa a annoncé le collectif de ses avocats dans une conférence de presse animée mercredi à Kinshasa.
Ce collectif des avocats dénonce le fait que la justice congolaise ait retiré le dossier Katumbi de son juge naturel (le tribunal de paix de Lubumbashi) pour le juger devant la Cour suprême, dont les décisions sont irrévocables (sans appel).
Exilé depuis mai 2016, l’ancien gouverneur de la province du Katanga a été plébiscité candidat aux élections de décembre 2018 par la plateforme «Ensemble pour le Changement» au mois de mars dernier en Afrique du Sud.
Katumbi est également poursuivi dans une affaire immobilière, ainsi que dans une affaire de faux papiers.