Mohamed Hedi Abidellaoui
14 Juin 2017•Mise à jour: 14 Juin 2017
AA/ Kinshasa/ Pascal Mulegwa
Quelque 97 miliciens, adeptes d’un chef coutumier tué en août dernier dans le centre de la République démocratique du Congo (RDC), se sont rendus volontairement aux autorités, a appris Anadolu de source officielle.
« J’ai accueilli les miliciens de Kamwina Nsapu ce matin à Kananga, avec plusieurs armes à feu et d’autres armes traditionnelles et blanches », a déclaré à Anadolu , Justin Milonga, gouverneur du Kasaï-central, bastion de la milice de Kamwina auteure , selon lui , de « crimes graves ».
Cette reddition de miliciens a été rendue possible grâce à « la conscientisation de ces derniers », par le biais de plusieurs campagnes menées par les autorités congolaises pour la pacification de la région, a indiqué le gouverneur.
Une somme d’argent dont la valeur n’a pas été révélée "a été versée" à chacun des miliciens qui se sont rendus, ont rapporté des journalistes locaux qui ont assisté à cette reddition mercredi à Kananga, capitale du Kasaï-central.
La police congolaise a, pour sa part, récemment affirmé être disposée à intégrer certains de ces miliciens dans ses rangs, après une formation.
Les Nations unies accusent, néanmoins, les miliciens d’enrôler des enfants et d’avoir commis des atrocités, tout en dénonçant également l’usage disproportionné de la force par l’armée congolaise.
Les violences inhérentes à cette crise ont fait entre 500 et 1000 morts, et occasionné le déplacement de plus d’1,3 million de personnes, depuis le soulèvement des partisans de Kamwina Nsapu, chef coutumier tué en août 2016 par la police, après s’être rebellé contre Kinshasa.
Vendredi dernier à Genève, le haut commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, Zeid Ra'ad Al-Hussein, avait appelé à ouvrir une enquête internationale sur les violences dans la région du Kasaï.
Ra'ad Al-Hussein avait jugé « insuffisante » la réponse de Kinshasa qui s'est dite disposée à collaborer avec l'ONU dans cette enquête à condition qu'elle en assure la direction.