Nadia Chahed
10 Mars 2021•Mise à jour: 10 Mars 2021
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
La justice militaire congolaise a condamné à mort seize personnes, dont des miliciens et un médecin congolais en fuite , pour l’assassinat en 2019 d’un médecin camerounais engagé dans la riposte contre l’épidémie d’Ebola à Butembo, une ville de l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).
L’épidémiologiste camerounais Richard Valery Mouzoko Kiboung, employé par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), avait été tué par balles le 19 avril 2019 lors d’une réunion de travail dans un hôpital de la ville de Butembo qui faisait face à une flambée de cas d'Ebola.
La cour militaire opérationnelle du Nord-Kivu siégeant en premier et dernier essor a condamné, mardi, ces 16 personnes dont le médecin Paul Mundama à « la peine de mort » commue en « prison à vie » pour « terrorisme et association des malfaiteurs », selon le jugement paru mercredi dans la presse congolaise.
Le meurtre du médecin camerounais aurait été motivé par un sentiment d'injustice de la part des médecins locaux qui touchaient un salaire nettement inférieur à celui des expatriés.
Les locaux auraient monté un plan « pour faire fuir » leurs collègues étrangers, selon l’accusation. Les médecins locaux « gagnaient une prime de 20 dollars par jour, alors que les expatriés touchaient plus de 20.000 dollars par mois », a souligné l’avocat général Jean-Baptiste Kumbu.
Ils avaient, selon l’accusation, chargé des hommes armés pour assassiner l’épidémiologiste de l’OMS.