Mohamed Hedi Abidellaoui
18 Mars 2017•Mise à jour: 20 Mars 2017
AA/ Kinshasa/ Pascal Mulegwa
L’Auditorat militaire congolais a annoncé, samedi, l’arrestation de sept suspects de l’armée congolaise, accusés d’avoir tourné une vidéo inculpant l'Institution de défense dans un massacre de civils, dans le centre de la République démocratique du Congo (RDC).
« Nous avons arrêtés sept suspects, tous éléments des FARDC (Forces armées de la RDC) […] dont l'auteur de l'enregistrement vidéo », a déclaré lors d’une conférence de presse à Kinshasa le général major Ponde Isambwa, auditeur général de l’armée congolaise.
Les 7 militaires sont poursuivis, selon le même officier supérieur, pour « crimes de guerre par meurtre, mutilation, traitements cruels inhumains et dégradants, et pour refus de dénonciation d'une infraction commise par des justiciables de juridictions militaires ».
Qualifiée par Kinshasa de « pur et prématuré montage visant à salir l’image de l’armée », cette vidéo avait été tournée à Mwanza lomba dans le Kasaï-Oriental, précisément au village Bena-Tshikasu, où l’armée avait combattu les miliciens kamwina Nsanpu, selon la même source.
Mise en ligne dans la première dizaine de février dernier, la séquence-vidéo de près de 7 minutes montre des hommes en uniformes de l’armée congolaise en train de tirer sur des civils armés de bâtons et de lance-pierres.
Cet incident a provoqué l’indignation des Congolais et de la communauté internationale qui exigeait des enquêtes « urgentes ».
Une fois les faits avérés et les suspects retenus coupables, le crime commis sera passible de lourdes peines allant jusqu'à la réclusion à perpétuité, en vertu du code militaire.
Dans un communiqué samedi, la mission de l’ONU en RDC (Monusco) s’est dite préoccupée par les attaques des miliciens de Kamwina Nsapu contre les institutions et les symboles de l’Etat, mais également par « l'utilisation disproportionnée de la force par les forces de défense et de sécurité, notamment en ciblant des civils, dont des femmes et des enfants ».
Riche en diamant, la région du Kasaï dans le centre de la RDC est secouée par une crise sécuritaire et humanitaire, depuis la mort de Jean-Pierre Pandi dit Kamwina Nsapu.
Ce chef traditionnel influent avait été abattu par la police, dans la province du Kasaï-central en août 2016.
Les affrontements entre les forces armées congolaises et les miliciens de ce défunt chef traditionnel ont fait au moins 400 morts, selon l’ONU.