Esma Ben Said
30 Janvier 2018•Mise à jour: 31 Janvier 2018
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Le bilan des marches des fidèles catholiques contre le président Joseph Kabila le 21 Janvier dernier dans la capitale Kinshasa s’est alourdi à sept morts après le décès mardi d’un manifestant "blessé par balle", a annoncé une ONG congolaise.
La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) est "vivement consternée et choquée du décès ce mardi 30 janvier 2018 à 9h00 de monsieur Serge Kikunda,fidèle de la Paroisse St Gabriel, commune de Kalamu, (…) blessé par balle au front (…) pendant qu’il rentrait à son domicile après la messe dimanche 21 janvier 2018", écrit l’ONG Congolaise dans un communiqué dont Anadolu a reçu copie.
Agé de 46 ans, la victime "ne cessait de saigner, nous avons faitde notre mieux mais il est décédé ce mardi", a déclaré à Anadolu Mireille Sakombi, médecin de l’hôpital où la victime était pris en charge.
Ces marches interdites par les autorités étaient organisées à l'appel du comité laïc de coordination (CLC), collectif catholique reconnu par l’épiscopat et le Saint-Siège.
L’Eglise catholique, les ONG et les Nations-Unies dont certains observateurs déployés dans la capitale Kinshasa pour recenser les violations des droits de l’homme avaient été "menacés et molestés" par les forces de sécurité congolaises, avaient déjà donné un bilan de six morts dont cinq par balles et par "déflagration d'une grenade lacrymogène", tandis que la police a annoncé la mort de deux personnes par "balles perdues".
"Nous avons été saisis par deux ou trois familles dont les corps des proches ont été confisqués par l’Etat", selon le directeur de la VSV Rostin Manketa joint par Anadolu.
"Notre organisation espère que le corps du défunt déposé à la morgue de l’Hôpital (public) ne va ni disparaitre ni être pris en otage par l’Etat en empêchant aux membres de la famille d’y avoir accès", ajoute le Communiqué de l’ONG rappelant que
ce corps est une "propriété de la famille".
Marchants bibles à la main, rameaux, chapelets ou crucifix, les catholiques demandaient entre autres au président Joseph Kabila - dont le dernier mandat constitutionnel s'est achevé le 19 décembre 2016 - de déclarer publiquement qu'il ne
briguera pas de troisième mandat.
En marge d’une conférence de presse vendredi dernier à Kinshasa, Kabila a promis une nouvelle loi pour "recadrer les manifestations" dans son pays, indiquant que la démocratie "n’est pas la foire".