Hatem Kattou
07 Août 2017•Mise à jour: 08 Août 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Les forces de sécurité congolaises ont repoussé lundi une tentative d’attaque contre la prison de Makala à Kinshasa, la capitale de la RD Congo, où la psychose règne, alors que l’ultimatum lancé par’un mouvement politico-religieux contre le président Joseph Kabila expire aujourd'hui, a rapporté le correspondant d’Anadolu.
Vers 9 heures locales, lundi, "des tirs ont été entendus à la prison de Makala. Les forces de sécurité ont répliqué à une attaque de la prison de Makala perpétrée par les adeptes de la secte Bundu Dia Kongo (BDK)" a rapporté à Anadolu un témoin oculaire.
Coiffés de bandeaux rouges, ces derniers ont été aperçus par dizaines dans les communes voisines de Ngiri-Ngiri et Selembao où des habitants fuyant les crépitements de balles se sont retranchés dans leur maison, a constaté le correspondant d’Anadolu.
"Nous sommes entrain de les neutraliser, nous avons capturés trois adeptes de Ne Mwanda Nsemi (Chef de la secte)" a déclaré à Anadolu le porte-parole de la police, le colonel Pierrot Mwanmputu.
D'après l’officier, les adeptes voulaient faire jonction pour attaquer la prison de Makala, une tentative selon lui, qui a été "déjouée". Aucun prisonnier ne s'est évadé, contrairement à une précédente attaque similaire qui avait abouti à l'évasion de près de 4 mille prisonniers rappelle la source sécuritaire.
Dans le centre ville, le climat était plutôt calme ce lundi et les activités socioéconomiques se sont poursuivies sous la surveillance des patrouilles de la garde républicaine (GR), unité d’élite de l’armée congolaise, chargée de la protection du chef de l’Etat congolais.
Les habitants craignent toutefois que la capitale ne plonge dans la violence.
Dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux au mois de juin dernier, le chef du mouvement politico-religieux "Bundu Dia Kongo", le député Zacharie Badiengila dit Ne Mwanda Nsemi (qui s'est échappé de la prison de Makala) avait lancé un ultimatum au président Joseph Kabila (dont le dernier mandat constitutionnel a expiré le 19 décembre dernier) pour quitter le pouvoir au plus tard le 7 août prochain.
Le gourou traqué par la justice congolaise pour notamment xénophobie et outrage au président Kabila prône par ailleurs le rétablissement du royaume Kongo, un royaume qui a connu son apogée vers le XVIe siècle et dont la superficie s'étendait de l'océan Atlantique jusqu'à l'ouest de la rivière Kwango à l'est, et du fleuve Congo jusqu'à la rivière Loje au sud.