RDC - Torture : L'Afrique du Sud ouvre enquête contre son contingent
- Des Casques bleus sud-africains auraient agressé et torturé des civils congolais dans la région du Kasaï (centre) l'an dernier, selon des sources concordantes.
Lassaad Ben Ahmed
12 Février 2018•Mise à jour: 13 Février 2018
Kinshasa
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
La République sud-africaine a ouvert, lundi, une enquête sur les allégations faisant état des tortures subies par quelques civils congolais de la part de son contingent déployé en République démocratique du Congo (RDC) au sein de la Mission de l'ONU dans ce pays.
Cette enquête a été ouverte sur la base des allégations reçues par la mission de l'ONU en RDC (Monusco), indique un communiqué de l'armée sud-africaine publié lundi et dont Anadolu a reçu une copie.
Des Casques bleus sud-africains auraient agressé et torturé des civils congolais dans la région du Kasaï (centre) l'an dernier, selon des sources concordantes.
"Nous avons reçu 4 cas, dont trois d'abus sexuels envers des femmes majeures et un faisant état des violences physiques contre une victime de 17 ans dans la province du Kasaï-Oriental", a déclaré à Anadolu la porte-parole de la mission onusienne en RDC, Monusco, Florence Marchal sans donner plus de détails.
"Des sanctions sévères et exemplaires doivent être prises (...) c'est inacceptable", a déclaré à Anadolu le porte-parole du gouvernement congolais Lambert Mende.
Dans le communiqué, l'armée sud-africaine rassure que des mesures "correctives" seront appliquées si les cas se confirment. "L’enquête sera menée en collaboration avec la Monusco", selon Marchal.
L'Afrique du Sud est l'une des grandes contributrices des troupes au sein de la Monusco. Déployée en 1999 dans ce pays, elle est la plus importante et budgétivore mission de maintien de la paix dans le Monde.
Dans cette mission, l'Afrique du sud compte 1000 hommes qui, avec des Tanzaniens et Malawites, forment la brigade spéciale qui a pour mission de "neutraliser et désarmer" les groupes armés sévissant dans la façade orientale congolaise.
En Janvier dernier, le président Joseph Kabila s'en est pris lors d’une conférence de presse à la Monusco en l'accusant de n'avoir neutralisé "aucun groupe armé" dans la région orientale congolaise constellée d'une centaine de groupes armés et rébellions étrangères.