Mohamed Hedi Abidellaoui
06 Juin 2017•Mise à jour: 06 Juin 2017
AA/ Kinshasa/ Pascal Mulegwa
L’ambassadrice américaine auprès des Nations-Unies a demandé, lundi, au Conseil de sécurité de l’ONU d’initier une enquête spéciale sur le meurtre de deux experts onusiens en mars dernier au Kasaï-central , une province en proie à des violences meurtrières dans le centre de la République démocratique du Congo (RDC) , a-t-on appris mardi.
« Les Etats-Unis appellent le Secrétaire Général des Nations Unies à initier une enquête spéciale sur le meurtre des deux experts des Nations Unies. […] les Etats-Unis vont aussi appuyer une résolution mettant en place une commission d'enquête dans le cadre des violations des droits de l'Homme dans les régions du Kasaï en RDC », a déclaré l’ambassadrice américaine, Nikki Haley, citée par un communiqué parvenu mardi à Anadolu.
Qualifiant de « tragique » la mort de Michael Sharp et Zaidan Catalan, la diplomate américaine a indiqué que les Nations-Unies doivent « mettre fin aux abus des droits humains commis par les groupes armés et Kinshasa contre le peuple congolais », en hommage aux illustres disparus.
Lundi, la justice militaire congolaise a ouvert à Kananga dans le Kasaï-central (Centre) un procès sur les meurtres des deux experts onusiens dépêchés en mars dernier par le secrétaire général des Nations-Unies pour enquêter sur les violences meurtrières qui secouent la région du Kasaï dans le centre de la RDC, depuis le mois d’août dernier.
Le parquet militaire a présenté au tribunal, un élève âgé de 16 ans et un vendeur d’huile âgé de 30 ans, comme principaux suspects dans les meurtres des experts onusiens, selon des documents consultés par le correspondant d’Anadolu.
Quatorze autres suspects étant en cavale, seront jugés par défaut, selon le tribunal qui a renvoyé au 12 juin la première comparution.
Faisant partie de la milice de Kamwina Nsapu, ils sont poursuivis pour « participation à un mouvement insurrectionnel et crime de guerre par meurtre et par mutilation ».
A la mi-mai, les Nations unies avaient mis en doute les conclusions de l’enquêtée menée par la justice militaire congolaise, et mis en place une commission d’enquête administrative dont les résultats seront rendus publics, en fin juillet.
Dans le cadre de cette enquête jugée « rapide et complète», les Nations unies avaient appelé Kinshasa à « une coopération totale ».