Mustafa M. M. Haboush
25 Octobre 2021•Mise à jour: 25 Octobre 2021
AA / Khartoum
Le Commandant en chef de l'armée soudanaise, Abdel Fattah Al-Burhan, a déclaré, lundi, l'état d'urgence dans le pays, ainsi que la dissolution du Conseil de souveraineté et des ministres, l'exemption des gouverneurs et la suspension des travaux sur certains articles du document constitutionnel.
Al-Burhan a annoncé, dans un discours diffusé à la télévision soudanaise, qu'il déclarait "l'état d'urgence dans le pays, la dissolution du Conseil de souveraineté (qu'il préside) et du Conseil des ministres (présidés par Abdullah Hamdok) et la suspension des travaux sur certains articles du document constitutionnel."
"Nous affirmons notre engagement envers le document constitutionnel tout en suspendant certains de ses articles, et notre engagement envers l'Accord de paix de Juba (signé avec les mouvements armés en octobre 2020)", a-t-il ajouté.
Al-Burhan, Président du Conseil de souveraineté soudanais, a précisé qu'un gouvernement indépendant de compétences sera formé pour diriger le pays jusqu'aux élections de juillet 2023.
"Nous continuerons à œuvrer pour créer l'atmosphère pour les élections", a souligné le responsable soudanais.
Il a poursuivi "l'incitation au chaos par les forces politiques nous a poussés à faire ce qui préserve le Soudan. Ce que traverse le pays est devenu un réel danger".
Al-Burhan a estimé que "les divisions constituaient un avertissement d'un danger menaçant le Soudan".
"La phase de transition poursuivra jusqu'au la formation d'un gouvernement élu, et que les forces armées avancent avec la transition démocratique", a précisé le Commandant en chef de l'armée soudanaise.
Al-Burhan a indiqué qu'ils œuvreront à former un Parlement de la jeunesse de la révolution au Soudan.
Et à l'aube du lundi, Khartoum a été témoin d'une série d'arrestations intensives d'un certain nombre de ministres du gouvernement actuel et de dirigeants des Forces pour la Déclaration de la Liberté et du Changement (la composante civile de la coalition au pouvoir).
Pendant ce temps, le ministère soudanais de l'Information a annoncé, via son compte officiel Twitter, qu'une force de l'armée soudanaise avait arrêté le Premier ministre Abdullah Hamdok après avoir refusé de soutenir ce qu'il a qualifié de "coup d'État".
Pour leur part, plusieurs forces politiques soudanaises, via des communiqués publiés séparément, ont appelé les citoyens à protester contre la désobéissance civile et à descendre dans la rue pour protester contre les récents mouvements, notamment l'"Association des professionnels" et le "Congrès", "Nation nationale" et les partis "communistes".
En réponse, plusieurs Soudanais sont descendues dans les rues de la capitale, Khartoum, comme le montrent les vidéos diffusées en direct sur les pages de communication des militants soudanais.
Il y a quelques semaines, la tension s'est intensifiée entre les composantes militaire et civile de l'autorité de transition ; En raison des critiques adressées par les chefs militaires aux forces politiques dans le contexte de l'échec d'une tentative de coup d'État le 21 septembre dernier.
*Traduit de l'arabe par Hend Abdessamad