Hajer Cherni
20 Décembre 2020•Mise à jour: 21 Décembre 2020
AA / Khartoum
Le Comité central des médecins soudanais (non gouvernemental) a annoncé, dimanche, que deux manifestants ont été grièvement blessés et d'autres asphyxiés dans la capitale, Khartoum, lors d'un rassemblement de commémoration du deuxième anniversaire du déclenchement de la révolution populaire soudanaise.
Dans un communiqué, le Comité a indiqué qu'un jeune homme d'une vingtaine d'années a été grièvement blessé au niveau de la main, suite au tir d'une cartouche de gaz lacrymogène par les forces de sécurité.
D'après la même source, un autre jeune d'une trentaine d'années a été blessé à la tête, après avoir reçu des coups de crosse d'une arme appartenant à un agent de sécurité.
Le comité a également fait savoir que plusieurs autres participants ont été asphyxiés suite à l'inhalation de gaz lacrymogènes.
Et d'ajouter : '' les blessés ont été transférés à l'hôpital pour recevoir les soins nécessaires'', sans donner des détails supplémentaires.
Des témoins oculaires ont déclaré à l'Agence Anadolu que les forces de sécurité ont utilisé du gaz lacrymogène contre les manifestants devant le parlement dans la ville d'Omdurman, à l'ouest de Khartoum, et à proximité du palais présidentiel.
Des milliers de manifestants se sont rassemblés samedi, à proximité du palais Présidentiel, levant des slogans contradictoires, appelant à la chute du gouvernement d'Abdallah Hamdok et à parachever la réalisation des objectifs de la révolution de décembre 2018, qui a renversé Omar el-Béchir.
Le 19 décembre 2018, des manifestations populaires ont éclaté suite à la détérioration des conditions économiques, obligeant les dirigeants de l'armée, le 11 avril 2019, à évincer Omar el-Béchir de la présidence.
Jeudi, les autorités ont annoncé la mise en place de ''mesures'' pour protéger les marches de commémoration de la révolution, en interdisant notamment le recours aux armes à feu ou au gaz lacrymogène contre les manifestants.
Vendredi, l'armée a fermé toutes les routes menant à son quartier général dans la ville de Khartoum, pour éviter l'arrivée de manifestants dans ses environs, selon les médias locaux.
*Traduit de l'arabe par Hajer Cherni.