Lassaad Ben Ahmed
03 Juin 2019•Mise à jour: 04 Juin 2019
AA / Khartoum
La coalition "Al-Ittihadi", relevant de l'opposition soudanaise, a déclaré, lundi, la suspension définitive des négociations avec le Conseil militaire.
C'est ce qui ressort d'un communiqué, émis par la coalition membre des Forces pour la liberté et le changement, consulté par Anadolu.
Le communiqué a condamné "cette offensive barbare contre les manifestants pacifiques", jetant la responsabilité totale sur le Conseil militaire.
La coalition a déclaré qu'elle "suspend définitivement les négociations avec le Conseil militaire", appelant le peuple soudanais à sortir dans toutes les villes et villages du pays.
Le communiqué a également appelé les membres honnêtes de l'armée de remplir leur rôle à l'égard du peuple, en protégeant les citoyens et en affrontant le Conseil militaire.
Lundi à l'aube, les autorités soudanaises avaient procédé à la dispersion par la force de milliers de protestataires, en sit-in devant le centre de commandement militaire dans la capitale Khartoum, selon des témoins oculaires.
Pour sa part, le Rassemblement des professionnels soudanais, parmi les principaux meneurs des protestations, a affirmé que "les révolutionnaires en sit-in devant le commandement des forces populaires armées sont visés par un massacre sanguinaire, dans une tentative subite de dispersion de ce sit-in".
Le Comité central des médecins du soudan a annoncé, lundi à l'aube, le décès de deux personnes et la blessure de dizaines d'autres, lors de la dispersion de milliers de manifestants en sit-in devant le commandement général de l'armée à Khartoum.
Les commandants de l'armée soudanaise avaient démis Omar al-Bachir de la présidence, le 11 avril dernier, après 30 années au pouvoir, sous la pression de manifestations populaires déclenchées depuis l'année dernière, en protestation contre la dégradation de la situation économique.
Des milliers de Soudanais campent devant le centre de commandement de l'armée à Khartoum, pour amener le Conseil militaire à accélérer le transfert du pouvoir à des civils, suite à des craintes de récupération par l'armée des revendications de changement, comme c'était le cas dans d'autres pays selon les protestataires.