Behram Abdelmunim Mohamed Mustafa
10 Avril 2018•Mise à jour: 10 Avril 2018
AA/Khartoum
Le président soudanais, Omar al-Béchir, a émis, mardi, une décision de libérer tous les prisonniers politiques dans le pays, en réponse à l’appel des partis et des forces du dialogue national.
La libération des prisonniers « vient renforcer le consensus national et la paix, résultant du Dialogue national, dans ses volets politique et social », a rapporté l’agence de presse soudanaise (SUNA, officiel).
La décision présidentielle vise également à « instaurer une ambiance positive et permettre la participation de toutes les forces politiques aux consultations nationales, ainsi qu’à répondre aux besoins de la prochaine période, dont l’élaboration de la Constitution ».
Le ministre d'Etat à la présidence de la République, Hatem Hassan Bakhit, a indiqué que « les services compétents ont mis en application immédiate la décision du président relative à la libération des prisonniers politiques ».
Les autorités soudanaises ont arrêté, durant la dernière période, des dizaines de citoyens, à la suite des protestations contre la cherté de la vie et la hausse des prix.
Des dirigeants de certains partis de l’opposition ont, entre autres, été arrêtés, dont le Secrétaire général du parti communiste, Mohammed Mokhtar al-Khatib, le président du parti du Congrès, Omar al-Dukair, le vice-président du parti national Omma, Fadlallah Burma Nasser, et le Secrétaire général du parti, Sara Nakd Allah.
Le gouvernement soudanais avait indiqué qu’il refuse la destruction des biens publics au cours des manifestations et des protestations contre la hausse des prix.
D’autre part, des responsables assurent que les manifestations sont « une expression pacifique » et que tous les citoyens ont le droit de manifester, sauf si ces manifestations ne respectent pas les mesures légales.
Le taux de change du dollar a atteint, mardi, au marché parallèle, 42 livres, alors qu’il est officiellement de 30 livres, selon la Banque centrale du Soudan.
Le Soudan souffre d’un manque de réserves en devises, depuis son indépendance du Soudan du Sud en 2011, et ce, en raison de la perte des trois quarts de ses ressources pétrolières, représentant 80% des sources de devise.