Adel Abdelrheem Humaida Elfadol,Hafawa Rebhi
19 Décembre 2018•Mise à jour: 19 Décembre 2018
AA / Khartoum
Les autorités soudanaises ont décrété l'état d'urgence et un couvre-feu dans la ville d’Atbara (Nord), mercredi, à la suite des manifestations dénonçant la détérioration de la situation économique, selon les médias locaux.
Les manifestations dans la ville ont commencé tôt mercredi matin, et des centaines d'élèves des écoles et d’étudiants y ont pris part pour condamner la hausse des prix, selon des témoins.
Les témoignages recueillis par le correspondant d’Anadolu évoquent tous "la détérioration des conditions de vie et la hausse exorbitante et insupportable des prix et rejettent les politiques du gouvernement".
Selon les médias locaux, les manifestants ont mis le feu au siège du parti au pouvoir, le Congrès national, dans la ville. Les autorités n’ont pas émis de commentaires immédiats sur cet incident.
A Port Soudan dans l'est du pays, les médias locaux ont rapporté des manifestations similaires qui ont été dispersées par la police avec des gaz lacrymogènes.
Pour sa part, le chef du département d’information au Congrès national, Ibrahim Siddiq, a déclaré sur son compte sur Facebook : "Tout citoyen a le droit d'exprimer pacifiquement son opinion, mais ce qui est arrivé dans la ville d’Atbara, ne correspond pas à la notion de paix".
"Il s’agit d’une tentative de déstabiliser le pays à un moment où le gouvernement fait de son mieux pour résoudre les problèmes actuels liés aux prix du pain et du carburant", a estimé Siddiq qualifiant ce qui passait dans les deux villes de "malheureux".
"Les forces de sécurité et la police ont traité avec professionnalisme et retenue, déjouant les efforts de des parties qui cherchent à ruiner", a-t-il ajouté, sans préciser de parties en particulier.
Plus tôt mercredi, le Premier ministre soudanais, ministre des Finances, Moataz Moussa, a déclaré que son gouvernement continuait de subventionner les produits de base au cours de 2019, "malgré les lourdes pertes subies par la caisse de l'Etat".
"Notre pays traverse ces jours-ci, une situation passagère que nous surmonterons, si Dieu le veut", a déclaré le président soudanais, Omar el-Béchir, mardi.
Le Soudan souffre de manques dans l’offre du pain, de la farine, du carburant, en raison du prix élevé du dollar par rapport à la livre soudanaise.