Fatma Bendhaou
27 Avril 2022•Mise à jour: 27 Avril 2022
AA/Dakar/Alioune Ndiaye
Des professionnels de la santé ont organisé un grand rassemblement devant le tribunal de grande instance de Louga ( 166 km au nord de Dakar) où s’est ouvert mercredi le procès de six sages-femmes incriminées suite au décès en couches d’une patiente.
Le collectif des travailleurs de la santé et de l’action sociale (Ctsas) avait appelé ses membres à une forte mobilisation en soutien aux sages-femmes en prison depuis le 19 avril suite au décès de Sokhna Astou à l’hôpital Amadou Sakhir Mbaye de Louga.
« Nous ne sommes pas venus pour faire du trouble à l’ordre public. Nous avons juste appelé à la mobilisation pour être aux côtés de nos collègues devant faire face au juge », a expliqué Mballo Dia Thiam, secrétaire général du Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’action sociale (Sutsas).
Le Ctsas dont le Sutsas est membre avait, en protestation contre cette inculpation, observé une grève générale de 24 heures le 21 avril. Un mot d’ordre de grève avait, également, été prononcé pour les 26 et 27 avril. Le mouvement a, cependant, été interrompu au premier jour de grève, à la suite d'une médiation initiée par des dignitaires religieux. Cette médiation avait conduit aussi au retrait de la plainte introduite par le mari de la victime ; l’action publique se poursuivant pour autant.
Les relations entre le gouvernement et les professionnels de la santé se sont fortement dégradées avec le décès de Sokhna Astou le 1er avril. Une mort qui a soulevé une vague d’indignations et une grande émotion publique.
Abdoulaye Diouf Sarr, ministre de la Santé et de l’Action sociale, avait alors regretté « un décès maternel évitable » et acté dans la foulée le limogeage du directeur de l’hôpital et la suspension des huit sages-femmes en service lors du drame.
Quatre d’entre elles ont été placées sous mandat de dépôt pour non-assistance à personne en danger tandis que deux autres ont bénéficié d’une liberté provisoire.
Le procès a finalement été renvoyé pour le 5 mai sur demande de la partie civile. La demande de liberté provisoire introduite par la défense a été rejetée par le tribunal.
« Leur place n’est pas en prison mais dans les maternités », a regretté Thiam du Sutsas, assurant que le combat va continuer jusqu’à leur libération.