Nadia Chahed
15 Février 2018•Mise à jour: 15 Février 2018
AA/N'djamena/Mahamat Ramadane
Au Tchad, plusieurs organisations de la société civile et partis politiques de l’opposition ont exprimé, jeudi, leur indignation à la suite de la condamnation d’une trentaine de manifestants à quatre mois de prison ferme par le parquet de grande instance de N’Djamena.
« Le gouvernement a usé de tous les moyens illégaux pour obtenir la condamnation à la prison ferme des manifestants, militants de la société et de l’opposition, qui ne font qu’exercer leur droit constitutionnel, pour dénoncer des mesures anti-sociales. Nous dénonçons cette utilisation de la justice par les autorités pour des fins politiques. », a déclaré jeudi, à la presse, le porte-parole de l’Union des jeunes au sein du Front de l’opposition pour l’alternance et le changement (SATADJIM).
D’après un communiqué rendu public ce jeudi par la Coordination nationale des jeunes pour la paix et le développement au Tchad (CONAJEPDT), cette condamnation des manifestants par la justice est indigne d’un pays de droit.
"La justice doit être au côté des asservis et non au côté des plus forts. Nous assistons aujourd’hui à l’utilisation flagrante de la justice par le pouvoir pour asservir le peuple tchadien. » précise le communiqué.
De son côté, le procureur de la République près le parquet de grande instance de N’djamena, Mahamat Saleh Youssouf, a précisé que les manifestants ont été condamnés perce "qu'ils voulaient défier l’autorité de l’Etat et les lois en vigueur dans le pays troubler l’ordre public".
« Certes le droit de manifester est un principe constitutionnel, mais son exercice selon le même texte devrait faire l’objet d’une autorisation préalable émanant de l’autorité compétente. Le parquet réitère à l’endroit des manifestants qui défient l’autorité de l’Etat, qu’ils s’exposent à des sanctions sévères prévues par les textes en vigueur. » a-t-il indiqué à la presse.
Pour rappel, une trentaine des manifestants ont été condamnés, mercredi, à 4 mois de prison ferme par la justice pour "trouble à l’ordre public, destruction des biens publics, attroupements non autorisés et coups et blessures volontaires sur les éléments des forces de l’ordre".