Yosra Ouanes
25 Mai 2021•Mise à jour: 26 Mai 2021
AA / Tunisie / Yosra Ouannes
Le mouvement tunisien Ennahdha a appelé, mardi, à l'ouverture d'une enquête concernant la fuite d'un document qui évoque un prétendu coup d'État de la présidence tunisienne contre le gouvernement.
C'est ce qui ressort d'une déclaration publiée aujourd'hui, mardi, par le mouvement (54 députés sur 217), à la suite de fuites publiées par le site britannique Middle East Eye, dimanche, qui évoquent un prétendu coup d'État contre le gouvernement préparé par des parties proches de la présidence tunisienne.
Le mouvement Ennahdha a fermement condamné le contenu du document qui a fait l'objet de la fuite.
"Ce qui accentue le danger de ce document, c'est qu'il est conforme aux discours de parties hostiles au processus démocratique et œuvrant à semer le trouble dans le pays," a déclaré le mouvement (sans les mentionner).
Ennahdha a appelé toutes les organisations nationales, les partis, les militants de la société civile et tous les démocrates à "former un front national pour défendre le processus démocratique, les droits et les libertés."
Le mouvement a également appelé à "faire barrage à toutes les manœuvres visant à renoncer au choix de la démocratie et aux acquis réalisés par la révolution dans tous les domaines."
Elle a également réitéré "la nécessité de la tenue d'un dialogue national inclusif qui traite de la crise politique dans le pays et œuvre à fixer les priorités nationales et à en convenir, ainsi qu'à préserver les potentialités, la sécurité et la stabilité du pays."
Le site britannique Middle East Eye avait publié, dimanche, un document qui proviendrait selon lui d'une "fuite depuis le bureau de la directrice du cabinet présidentiel, Nadia Akacha, daté du 13 mai 2021, et évoquant la préparation d'un coup d'État en Tunisie."
Selon le document, "les conseillers du président Kaïs Saïed ont préconisé le recours à l’article 80 de la Constitution et de déclarer "l'état d'exception" afin de concentrer tous les pouvoirs entre les mains du président de la République."
Le Syndicat de la sécurité du président de la République et des personnalités officielles en Tunisie a déclaré, lundi soir, que "l'ère des coups d'État et de la dictature était révolue".
Et de souligner dans un communiqué, commentant ces fuites, "son attachement à la neutralité de l'institution, son dévouement aux principes de l’ordre républicain, et son intention de se maintenir à équidistance des parties qui forment l'échiquier politique."
La présidence tunisienne n'a fait aucun commentaire officiel sur ces fuites jusqu'à (12h52 GMT).
Outre la grave crise économique, exacerbée par les répercussions de la pandémie de coronavirus, la Tunisie est aux prises avec une crise politique. Des différends pèsent sur les relations entre le président de la République et le Premier ministre Hichem Mechichi, en raison d'un remaniement ministériel annoncé par ce dernier le 16 janvier.
Malgré l'approbation du remaniement par le Parlement, Saïed refuse de convier les nouveaux ministres à prêter le serment constitutionnel devant lui, considérant que le remaniement est entaché de "violations", ce que rejette Mechichi
*Traduit de l’Arabe par Mourad Belhaj