Yosra Ouanes
26 Mars 2022•Mise à jour: 26 Mars 2022
AA/Tunis
Le ministre tunisien de l'Intérieur, Taoufik Charfeddine, a dévoilé, samedi, que « des enquêtes portant sur des opérations douanières dangereuses, qui ont infligé à l'économie du pays de lourdes pertes, sont en cours ».
C'est ce qui ressort d'une allocution prononcée par le ministre de l'Intérieur au cours de la Réunion périodique des chefs de districts et des directeurs régionaux de la Sûreté et de la Garde nationales, tenue dans la capitale Tunis.
Il a indiqué dans cette allocution, relayée par des médias locaux, que « des investigations portant sur des opérations douanières dangereuses et des violations (sans en préciser la teneur) sont en cours », ajoutant que ces opérations ont « infligé à l'économie tunisienne des pertes estimées à des milliers de milliards » (en monnaie locale).
Il a ajouté que « des enquêtes seront prochainement lancées contre quiconque, dont l'implication serait prouvée dans des opérations d’enrichissement illicite ».
Le ministre a souligné le « souci d'appliquer la loi à tous, même à l’endroit des hommes d'affaires, dont certains se croient au-dessus des lois…La loi s'applique à tous et en relation avec les biens publics également ».
Il a tenu à ajouter que « rien n'entamera notre volonté de poursuivre notre marche, et le jour où je constaterai que la loi n'est plus appliquée à tous sans exception, je renoncerai immédiatement à mon rôle au ministère de l'Intérieur ».
Il a relevé que « des décisions de récupération de terrains (exploités de manière illégale) ont été exécutées contre des individus, des hommes d'affaires et des lobbies, que certains considèrent comme étant hyper-influents ».
Charfeddine a, par ailleurs, mis en avant que « la protection et l'accompagnement sécuritaires, dont 24 personnalités, parmi des hommes d'affaires, des députés gelés et des hommes de médias, ont été levés ». Il n’a pas décliné l’identité des individus concernés par ces mesures.
Il a ajouté que « certaines personnalités bénéficiaient d’un accompagnement personnel sans fondement, seulement pour satisfaire leurs égos, alors que la communauté nationale a grandement besoin de focaliser ses efforts dans le domaine de la sécurité ».
La Tunisie évolue, depuis le 25 juillet dernier, au rythme d'une crise politique, sur fond des « mesures d'exception » proclamées par le président de la République Kaïs Saïed, s’agissant notamment du gel des activités du Parlement, de la levée de l'immunité des députés, et de la suppression de l'Instance de contrôle de la constitutionnalité des lois et du limogeage de l’ancien Chef du gouvernement.
*Traduit de l'arabe par Hatem Kattou