Majdi Ismail
02 Février 2021•Mise à jour: 02 Février 2021
AA/ Tunis/ Majdi Ismail
L’initiative de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT, Centrale syndicale) sous forme de « Dialogue national », proposée au président de la République Kaïs Saïed pour faire sortir le pays de la crise, est suspendue.
C’est ce qui ressort d’une déclaration accordée aux médias par le Secrétaire général de l’UGTT, Noureddine Taboubi, en marge de la commission administrative nationale de la centrale syndicale tenue à Gammarth (Banlieue nord de Tunis), rapporte mardi l’agence de presse tunisienne (TAP, Officiel).
Taboubi a justifié cette décision par les conflits qui minent le champ politique en Tunisie.
Et le responsable d’expliquer que « l’UGTT a voulu, à travers cette initiative, réunir tous les acteurs politiques autour d’une même table pour trouver ensemble des solutions à la situation actuelle du pays sauf que la crise politique entre les institutions de l’Etat a empêché son lancement ».
Le Secrétaire général estime que « l'UGTT a fait son devoir envers le pays et a présenté une initiative de Dialogue national au président de la République mais elle n'a pas été mise en œuvre », indique l’agence TAP.
La crise politique, sociale et économique du pays ainsi que la réunion prévue jeudi prochain avec le gouvernement dans le cadre du Dialogue 5+5, figurent à l’ordre du jour de la Commission administrative de l’UGTT.
La Tunisie devait organiser au cours des prochains jours un « Dialogue national » imposé par une situation sociale explosive et des protestations dans plusieurs provinces réclamant des postes d’emploi et l’amélioration des conditions de vie et dénonçant la marginalisation.
Ce « Dialogue national » est une initiative lancée par l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT, la plus ancienne et principale organisation syndicale), au début du mois de décembre de l’année écoulée, et le président de la République, Kaïs Saïed, avait annoncé, à l’époque, son acceptation de l’initiative du Dialogue.
La Présidence avait indiqué également que le Dialogue en question ne sera pas comme ceux organisés antérieurement, et qu’il interviendra pour rectifier le processus de la Révolution, en œuvrant à associer les jeunes, avec comme principal objectif, celui de ne pas dialoguer avec les « corrompus ».
Entre temps, un remaniement ministériel a été opéré le 16 janvier dernier par le chef du gouvernement, Hichem Mechichi et qui a touché 11 portefeuilles sur les 25 que compte son cabinet, notamment, les départements de la Justice et de l’Intérieur.
Or, le président Kaïs Saïed, n’a pas adressé jusqu’à ce jour d’invitation aux nouveaux ministres qui ont obtenu la confiance du Parlement, pour la prestation de serment, chose qui accentue encore plus les tiraillements au sommet d’un exécutif bicéphale.