AA/Tunis/Leila Thebti
Secteur plutôt jeune dont on n’a commencé à parler que durant la dernière décennie, l’éco-tourisme attire de plus en plus d’investisseurs en Tunisie, aussi bien locaux qu’étrangers.
Un intérêt favorisé par une stratégie nationale visant à diversifier le produit touristique, tout en protégeant les ressources naturelles du pays et en les mettant en valeur.
«Forest Club», un centre de plaisance qui vient d’ouvrir ses portes en août dans la banlieue sud de Tunis, la capitale, véhicule cet intérêt croissant porté à l’éco-tourisme.
Edifié en plein centre de la forêt de Radés (à environ 10 km au sud de Tunis), ce centre incarne à travers son architecture et les matériaux qui le composent, totalement recyclables, la volonté de respecter l’environnement.
Sur place, le visiteur découvre un environnement surprenant aussi bien par ses boiseries que par ses toits en paille, ses étendues de verdure et ses terrains de tennis, de football, de handball....
Situé à quelques kilomètres seulement au Sud de la capitale, le site «Forest club» se détache de la grande forêt de Radés qui était jusqu’à peu, la prolongation naturelle d’une série d’arbres entrelacés, avant qu’un investisseur tunisien actif dans le domaine environnemental et écologique, ne le transforme en destination touristique pas comme les autres.
Lotfi Lajmi, propriétaire du centre qui couvre 5700 m2, a indiqué dans une déclaration à Anadolu que la tendance mondiale vers ce qu’on appelle «l’économie verte» l’a inspiré pour lancer ce centre écologique respectueux de l’environnement et dépourvu de toute composante à même de porter préjudice aux générations futures.
Selon le programme des Nations Unies pour lEenvironnement, l’économie verte est définie comme étant celle regroupant l’ensemble d’activités économiques visant une croissance durable tout en protégeant les générations futures des dangers de la détérioration environnementale et de la raréfaction des ressources naturelles.
Ce projet vise également à accompagner l’orientation nationale destinée à à promouvoir l’éco-tourisme et le tourisme en général, a ajouté ce défenseur de la nature.
Depuis le début de l’année 2015 et jusqu’au deuxième trimestre de l’année en cours, le tourisme tunisien a enregistré un net recul provoqué par la situation sécuritaire dégradée, conséquence directe d’attaques qui ont visé des sites touristique.
Etant un secteur clef de l’économie tunisienne, aussi bien en tant que pourvoyeur en devises qu’en termes de création d’emploi, le recul enregistré par le secteur touristique s’est notablement fait sentir sur l’économie du pays.
Lotfi Lajmi reconnait que le défi de lancer un centre alliant le respect des normes environnementales et des facteurs attractifs, à même d'attirer le plus grand nombre de visiteurs, n’était pas des plus simple mais l’idée innovante a fini par vaincre toutes ces entraves, s’est-il réjoui.
Toujours selon Lajmi, polariser une clientèle souvent habituée à fréquenter les stations balnéaires côtières était un autre défi à relever.
Autant d’entraves qui n’ont finalement pas empêché le centre, dont toutes les portes sont en bois et les toits en paille, de voir le jour.
Les Parquets, les chaises et tous les ustensiles sont fabriqués en matériaux recyclables et respectueux de l’environnement.
Vingt-cinq employés y travaillent en alternance tout au long de la journée pour accueillir les clients locaux et étrangers.
Des espaces pour adultes, pour enfants et pour amateurs de sports en tout genre y sont aménagés.
S’agissant de l’affluence, il note que ses clients s’étonnent, toujours, de découvrir un tel espace centre en pleine forêt qu’ils craignaient de traverser même en plein jour.
Les gens sont devenus conscients de l’importance de la protection de l’environnement aussi bien pour leur bien-être que pour celui de leurs enfants, assure-t-il satisfait.
L’équation difficile consiste, toutefois, à assurer d’une part des services à la fois attractifs et à des prix adaptés à leurs bourses tout en les protégeant des effets néfastes de la pollution.
L’accès au centre est gratuit, le client ne paye que le prix du service que ce soit un repas ou l’accès aux différents espaces sportifs à un prix ne dépassant pas les dix dollars par personne.
Toujours selon Lajmi, le coût total du centre a été de 1,1 milliard de dollar.
Selon le ministère tunisien de l’Environnement, le concept de tourisme vert ou de tourisme écologique utilisé depuis des décennies dans le pays se rattache à nombre de principes, notamment un produit responsable non nuisible pour l’environnement.
Nabil Hamada, directeur général de l’environnement et de la qualité de la vie au sein de ce ministère a déclaré à Anadolu que le tourisme écologique est essentiellement basé sur les composantes naturelles et les systèmes écologiques telles les jardins publics, les forêts…
La Tunisie compte 44 réserves naturelles à grand potentiel à même de propulser l’éco-tourisme dans le pays et d’optimiser son apport.
Des potentialités qui attendent, toujours, les investissements nécessaires, notamment, pour réhabiliter les zones où elles se trouvent et améliorer ou construire l’infrastructure nécessaire pour faciliter l’accès des touristes.