Yosra Ouanes
21 Décembre 2017•Mise à jour: 21 Décembre 2017
AA / Tunis / Yosra Ouanes
Le président de l'Instance Tunisienne de lutte contre la corruption (constitutionnelle indépendante), Chawki Tabib, a souligné jeudi "la nécessité d'une réforme fiscale, la considérant importante et fondamentale pour atteindre le développement, la justice sociale et l'égalité des chances".
C'est ce qui ressort d'un séminaire intitulé "Corruption fiscale et droits de l'homme", organisé par l'Instance nationale de lutte contre la corruption, dans la capitale tunisienne.
Tabib a déclaré : "Nous avons souffert des inégalités fiscales et de la répartition inégale des richesses dans le pays pendant des années, ce qui a été un obstacle au développement et a créé un climat de méfiance".
"Nous devons entreprendre une réforme fiscale et soutenir notre économie nationale, cela créera un environnement propice aux affaires, à même de favoriser le développement local durable et de contrer la corruption et l'évasion fiscale", a t-il poursuivi.
Et Tabib d'expliquer que les impôts "représentent 80% des ressources propres du budget de l'Etat et couvrent les deux tiers de l'intervention de l'Etat dans la gestion et le développement".
De son côté, Noureddine Tabboubi, secrétaire général de l'Union générale des travailleurs tunisiens, a déclaré que "le manque de transparence dans les transactions financières, la défaillance de l'administration, la faible performance des organes de contrôle et l'absence de volonté politique sincère de réformer un système fiscal complexe, inefficace et contrôlé par les lobbies financiers (groupes de pression), sont les causes principales de la prolifération de la corruption fiscale et de l'évasion fiscale."
Et Taboubi d'avertir, lors du séminaire, que "ces phénomènes rampants ont des conséquences désastreuses. Ils drainent les ressources du pays, compte tenu des dépenses allouées aux dispositifs de surveillance, de contrôle et d'inspection. Ils nuisent au climat des affaires, portent préjudice à l'harmonie sociale, découragent les investissements et perturbent le développement".
"Bien que le système fiscal en Tunisie soit soumis à un ordre juridique spécifique, il souffre de nombreuses lacunes, notamment la violation du principe de contrôle fiscal et son adaptation au profit de certaines personnes ou entités", a t-il ajouté.
Il y a deux semaines, l'Union Européenne avait publié une liste de 17 paradis fiscaux, dont la Tunisie, qui ne coopèrent pas avec l'UE en matière fiscale.
Cette classification a été considérée par le président tunisien, Beji Caied Essebsi, comme "une injustice qui ne correspond pas à la situation réelle du pays, une classification qui a terni l'image de la Tunisie et qui doit être révisée".
Selon l'indice de perception de la corruption de "Transparency International" pour l'année 2016, la Tunisie se classe au 75ème rang mondial (sur 176 pays), au huitième rang dans le monde arabe et au premier rang au Maghreb.
Le "Document de stratégie nationale pour la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption, 2016 - 2020", avait été signé à Tunis en 2016, par le Gouvernement, l'Assemblée des représentants du peuple (Parlement), le Pouvoir Judiciaire, l'Instance nationale de lutte contre la corruption, l'Instance provisoire de l'ordre judiciaire, l'Union Nationale des Journalistes Tunisiens et un représentant des composantes de la société civile .