Adel Bin Ibrahim Bin Elhady Elthabti
04 Août 2021•Mise à jour: 04 Août 2021
AA/Tunis
L'Union générale tunisienne du travail (UGTT) a appelé mardi à la formation d'un cabinet restreint chargé d'assurer des tâches spécifiques, dans les plus brefs délais".
C'est ce qui ressort des déclarations du Secrétaire général de l'UGTT, Noureddine Taboubi, en marge des travaux de la commission administrative de la Centrale syndicale (réunion périodique), diffusés sur Facebook.
"Il faut impérativement former un gouvernement qui sera dirigé par un homme doté de compétences dans le domaine économique et qui est reconnu comme étant un fin connaisseur de la réalité économique et sociale tunisienne et des défis du moment", a-t-il déclaré.
Taboubi a souligné que "le cabinet gouvernemental doit être restreint et chargé d'assurer des tâches spécifiques dans la période à venir".
Le secrétaire général de l'UGTT a ajouté que la commission administrative de la Centrale syndicale a souligné que la formation du gouvernement devrait se faire selon "une approche participative, et nous avons demandé au Président de la République de nous communiquer la vision future et la direction que va prendre la Tunisie afin que nous puissions avoir une lecture critique positive ou le soutenir dans sa démarche".
"Il est de notre droit de comprendre et il y a beaucoup de questions qui se posent en ce moment très délicat", a-t-il expliqué.
Et Taboubi de poursuivre, "Nous devons réfléchir sur certains points, et certaines questions doivent être clarifiées par la Présidence de la République afin que nous puissions construire notre position au sujet de la feuille de route que nous préparons".
Le responsable de l'UGTT a réitéré la volonté du syndicat quant à la formation d'un gouvernement "le plus tôt possible pour combler le vide dans les institutions de l'Etat".
"Nous avons insisté sur la question des libertés publiques et individuelles, les droits économiques et sociaux, ainsi que sur la pérennité et l'efficacité des institutions publiques", a-t-il assuré.
"Nous voulons une vision claire de la Présidence de la République au regard de la situation exceptionnelle, et nous voulons savoir où nous allons", a-t-il encore souligné.
Selon Taboubi, nous avons tous besoin de procéder à une autocritique et de réformer nos mentalités, et devons apprendre des expériences passées et nous tourner vers l'avenir.
"Le Président va-t-il opérer dans le cadre de la Constitution ou dans le cadre d'une autre situation exceptionnelle ?", s'est-t-il interrogé.
Concernant l'ingérence étrangère dans les affaires de la Tunisie, Taboubi a déclaré, "Nous refusons catégoriquement toute ingérence étrangère, et nous devons éviter la politique des axes".
Kaïs Saïed, avait annoncé, dans la soirée du dimanche 25 juillet, au cours d’une réunion d’urgence avec de hauts responsables militaires et sécuritaires, le limogeage du Chef du gouvernement Hichem Mechichi, le gel des pouvoirs du Parlement pour une durée de 30 jours, ainsi que la levée de l’immunité parlementaire de tous les députés, ce qui implique que le chef de l'État s'arroge le pouvoir de légiférer par décrets présidentiels.
Le chef de l’État tunisien, qui rejette les accusations de coup d’État, a déclaré avoir pris ces décisions sur la base de l’article 80 de la Constitution, pour "sauver la Tunisie, l'Etat et le peuple tunisien".
* Traduit de l'arabe par Hajer Cherni