Lassaad Ben Ahmed
11 Février 2018•Mise à jour: 12 Février 2018
AA / Tunis / Bouazza Ben Bouazza
Deux responsables de la Banque centrale de Tunisie (BCT) ont été mis en examen pour des malversations financières et blanchiment d’argent, a appris Anadolu de sources concordantes.
Selon le porte-parole pôle judiciaire financier près du Tribunal de première instance de Tunis, Sofiène Sliti, ces arrestations ont été opérées sur ordre du parquet.
«Le pôle judiciaire financier, en coordination avec la brigade centrale avait mené des enquêtes, sous la tutelle du ministère public, qui ont conduit à l’arrestation de cinq employés de la Banque centrale, depuis de mardi 6 février 2018», a-t-il précisé.
«Une enquête judiciaire a été ouverte afin d’investiguer sur des soupçons de blanchiment d’argent, de détournement par un fonctionnaire public de fonds publics et de corruption», a-t-il ajouté.
Le juge d’instruction chargé du dossier a laissé trois autres suspects en liberté tandis qu’un sixième est en état de fuite.
L’information a été révélée par le journal «Akherkhabar Online» qui avait annoncé, en premier, l’arrestation samedi de plusieurs cadres de la BCT par la brigade de recherches de la Garde nationale à l’Aouina.
On ignore pour le moment si cette affaire est en relation ou pas avec la procédure de limogeage du gouverneur de la Banque centrale Chedli Ayari. La décision prise vendredi par le chef du gouvernement Youssef Chahed et validée par le président Béji Caïd Essebsi, doit être soumise au vote de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP/parlement) jeudi 15 février.
Elle est intervenue le jour même où le parlement européen avait classé la Tunisie sur la liste noire des pays «fortement exposés au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme».
Ce vote a suscité une vive polémique en Tunisie entre ceux qui le considèrent «précipité et injuste», notamment le ministère des Affaires étrangères et la centrale syndicale, UGTT, et ceux qui dont plusieurs experts, qui l’imputent au retard mis par les autorités pour répondre aux sollicitations de la partie européenne et du GAFI (Groupe d’action financière internationale).