Yosra Ouanes
20 Octobre 2017•Mise à jour: 20 Octobre 2017
AA / Tunis / Karim Bouali
Des dizaines de professeurs universitaires à Tunis, ont appelé vendredi, à ne pas impliquer la police dans les différends au sein des institutions universitaires, à protéger les professeurs contre les poursuites judiciaires arbitraires et à mettre en place un nouveau mécanisme judiciaire pour résoudre les différends entre professeurs et étudiants.
C’est ce qui ressort d'une manifestation tenue par des professeurs universitaires devant le siège du Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, au centre de la capitale.
L'événement a été organisé à l'appel du syndicat général des fonctionnaires de l’enseignement supérieur de l'Institut Supérieur de Gestion (Administration) de Tunis (affilié administrativement à l'Université de Tunis).
Le syndicat a protesté contre la convocation de la police judiciaire de la ville de Bardo (4 km de la capitale) au directeur de l'institut et à l'un de ses professeurs pour témoigner dans une affaire déposée par un étudiant de l'établissement à cause d’un désaccord sur la valeur scientifique d’un mastère de recherche.
Les enseignants ont levé des pancartes sur lesquelles sont inscrites des expressions telles que «Non à l’implication de la police dans les questions pédagogiques (en relation avec le processus éducatif) » et « afin d'établir un mécanisme judiciaire efficace pour préserver la dignité des universitaires » et « ne pas toucher au prestige de l'université et de la dignité des universitaires. »
Abdel Rahman Mlahka, secrétaire général du syndicat, a déclaré à Anadolu : « nous manifestons pour dénoncer l’implication de la police dans les questions pédagogiques entre les étudiants et l’administration de l'institution, et nous condamnons le ministère de ne pas avoir traité en priorité le dossier. »
"Le droit à un procès est garanti aux étudiants comme aux citoyens, mais le ministère refuse de poursuivre les professeurs et protègera ses fonctionnaires par tous les moyens légitimes", a déclaré Noureddine Salmi, directeur du cabinet du Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.
Salmi a précisé que le ministre de l'Enseignement supérieur a envoyé une lettre au ministre de la Justice pour l'informer des tenants et aboutissants de l'affaire et pour souligner la nécessité de protéger les professeurs de l'intimidation par l'influence de l'extérieur de l'université.
Les enseignants de l'Institut Supérieur de Gestion, ont fait une grève, mardi soir et mercredi entier, dans le contexte de la même affaire.