Lassaad Ben Ahmed
25 Juillet 2018•Mise à jour: 25 Juillet 2018
AA / Tunis / Bouazza Ben Bouazza
Le chef du gouvernement tunisien Youssef Chahed a nommé, mardi soir, un nouveau ministre de l’Intérieur, Hichem Fourati, en remplacement de Lotfi Brahem, limogé il y a près d’un mois et demi en raison de différends entre les deux hommes.
Juriste de formation, le nouvel homme fort de la sécurité tunisienne a exercé depuis plus de 20 ans diverses fonctions au sein du département sécuritaire, allant de conseiller des services publics, puis gouverneur, jusqu’au poste de chef de cabinet au sein du ministère.
Dans une interview accordée peu auparavant à l’agence tunisienne TAP, le chef du Gouvernement a qualifié le nouveau ministre (51 ans) de “grande compétence qui connaît les rouages de l’institution sécuritaire tout en étant loin des tiraillements politiques”.
“Il sera engagé dans la poursuite de la guerre contre la corruption, puisqu’il s’agit de l’une des priorités de ce gouvernement”, a-t-il déclaré, en notant que “la guerre contre la corruption n'a pas été arrêtée malgré toutes les entraves”.
Des proches le décrivent comme étant “un homme intègre, discret et efficace qui s’est toujours tenu loin des feux de la rampe et à l’écart des accointances politiques”.
En plein tumulte qui secoue la scène politique et menace son gouvernement, Youssef Chahed devra, par ailleurs, solliciter la confiance des députés concernant cette nouvelle nomination.
Il lui faudra obtenir pour cela une majorité de 109 voix sur les 217 que compte l’institution législative.
S’il est assuré de recueillir en sa faveur les voix des 68 députés du mouvement d’obédience islamique Ennahdha qui le soutient, il n’en est pas de même des autres blocs parlementaires notamment celui de Nida Tounes, son propre parti, dont les 56 députés sont partagés entre partisans et détracteurs.
Réagissant aux voix qui réclament son départ, Chahed a considéré que le changement du gouvernement dans la situation actuelle présente un danger pour l’économie nationale, parce qu’il risque de mettre en péril les engagements et les intérêts de l’Etat et lui faire perdre ses partenaires internationaux, selon lui.
“Il est de mon devoir d’avertir l’opinion publique. Je ne m’attache pas au poste et je reste ouvert à toute démarche pour sortir de la crise”, a-t-il dit.