Wassim Samih Seifeddine
08 Mars 2017•Mise à jour: 08 Mars 2017
AA / Tunis
Un an, jour pour jour, après la tentative de Daech d’établir un émirat à Ben Guerdane, ville du sud de la Tunisie, les craintes de voir se reproduire un scénario similaire se sont quasiment estompées, affirment plusieurs experts.
Le 7 mars 2016, des terroristes de Daech ont pris pour cible des installations militaire et sécuritaire à Ben Guerdane, près de la frontière avec la Libye. L’attaque s’est soldée par la mort de 49 assaillants, 12 soldats et gardes nationaux et 7 civils.
La présence de Daech en Tunisie remonte à bien avant ces événements. Le 18 mars 2015, 20 touristes étrangers ont été lâchement tués au musée du Bardo dans la capitale Tunis. Le mois de juin de la même année, l’organisation terroriste s’en prend à des touristes sur une plage à Sousse, ville côtière. Trente-neuf étrangers sont morts dans la fusillade, pour la plupart des Britanniques.
Les terroristes de Daech se retranchent principalement, avec d’autres de la Brigade Oqba Ibn Nafi (groupe terroriste loyal à Al-Qaïda), dans les montagnes de l’ouest. C’est dans ces hauteurs que cinq soldats ont été tués et quatre autres blessés dans une embuscade tendue le 7 avril 2015.
Toutefois, sans appui logistique et répugnés par la société tunisienne, l'étau s'est resserré autour de ces terroristes, constamment traqués par l'armée.
Ainsi, le 19 mai 2016, le chef du groupe Jund al-Khilafah (Les Soldats du califat, ndlr) a été éliminé dans une opération militaire.
La menace terroriste a baissé, mais n’a pas complètement disparu. Ces groupes, qui n’ont pas d’assise populaire, vont guetter les failles sécuritaires pour se repositionner, préviennent des experts.
Dans ce même contexte, la question du retour des combattants tunisiens des zones de conflits préoccupe les Tunisiens et suscite un débat national. A ce jour, huit cents d'entre eux sont rentrés dans le pays dont 137 ont été assignés à résidence, d’après des chiffres donnés par le ministre tunisien de l’Intérieur.