AA/ Kinshasa/ Gaius Kowene
Plus de 100 personnes parmi des combattants démobilisés, leurs femmes et leurs enfants ont trouvé la mort, depuis décembre 2013, par suite de famine et de maladies, en République Démocratique du Congo, a déclaré Human Rights Watch (HRW), dans un communiqué rendu public mercredi.
L’enquête menée par HRW dans le camp militaire de Kotakoli, dans le Nord-Ouest de la RDC a relevé que 42 combattants démobilisés et au moins cinq femmes et 57 enfants y sont décédés.
« Ma fille de 9 ans et mon fils de 7 ans sont morts parce qu’il n’y avait pas de médicaments. Il n’y avait pas de nourriture et je n’avais pas les moyens d’en avoir. Je les ai regardés mourir sans rien pouvoir faire. Pouvez-vous imaginer ma douleur en enterrant mes enfants ?» a témoigné, sous couvert d'anonymat, un ancien combattant de 28 ans à Human Rights Watch qui accuse les autorités congolaises de "négligence" à l'encontre de ces victimes.
Aucune réaction du Gouvernement congolais n'a été enregistrée jusqu'à 12H30 GMT.
« La négligence du Gouvernement congolais des anciens combattants et de leurs familles est criminelle », a indiqué Ida Sawyer, chercheuse senior sur la RD Congo à HRW, dans le même document. « Avant que d’autres personnes ne meurent, le gouvernement devrait immédiatement les déplacer vers un lieu où elles auront accès à la nourriture et à des soins de santé, et où elles seront traitées avec décence. », a-t-elle insisté.
En septembre 2013, 941 combattants relevant de plusieurs groupes armés s’étaient rendus et plusieurs membres de leurs familles ont été déplacés de l’Est de la RDC jusqu’au camp de Kotakoli, situé dans une région reculée de la province de l’Équateur dans le Nord-Ouest du pays.
En attendant l'intégration de ces combattants dans l’armée ou leur retour à la vie civile, les provisions ont été épuisées vers la fin de l’année 2013 et, pendant les neuf mois qui ont suivi, le gouvernement a envoyé des quantités minimales de nourriture et de médicaments, selon l'ONG américaine.