Soraya Hend Ben Mustapha
26 Novembre 2015•Mise à jour: 28 Novembre 2015
AA / Tunis / Aed Amira
La direction des Journées Cinématographiques de Carthage (JCC) a décidé de maintenir la projection des films et les manifestations prévues dans le cadre de la 26e session du festival, et de ne pas «baisser les bras devant le terrorisme».
Le directeur du festival, Brahim Letaief, a affirmé jeudi à Anadolu que «les Journées Cinématographiques de Carthage se poursuivent normalement», insistant sur le fait qu’«aucune projection n’a été annulée».
Il a expliqué qu’un couvre-feu ayant été décrété dans le Grand Tunis, la programmation sera légèrement modifiée et les projections prévues à 21h00 seront reportées au lendemain matin.
«Nous avons enregistré des chiffres significatifs qui indiquent le succès de cette session, les salles de cinéma pleines envoient un message important aux terroristes», a-t-il souligné.
L’acteur tunisien Hichem Rostom a déclaré pour sa part à Anadolu: «Le peuple tunisien ne craint pas le terrorisme, nous vaincrons les terroristes très prochainement».
«La culture est la meilleure arme contre le terrorisme, la culture est le fondement du pays», a-t-il affirmé, invitant les Tunisiens à «sortir, aller au cinéma et ne pas avoir peur».
Yosra, jeune femme de 28 ans rencontrée devant les guichets du Théâtre Municipal de Tunis, situé à l’Avenue Habib Bourguiba, à quelques centaines de mètres du site de l’attentat de mardi, a également appelé les Tunisiens à sortir et à «défier le terrorisme».
«J’encourage les Tunisiens à sortir, et à aller aux JCC en masse. La seule manière de combattre le terrorisme qui nous frappe aujourd’hui, c’est par l’art et la culture», a-t-elle plaidé.
Elle s’est dite «très heureuse de voir que la vie continue sur l’Avenue Habib Bourguiba [artère principale et cœur battant de Tunis] et que les JCC se poursuivent malgré ce qui s’est passé». «Notre présence ici est un défi au terrorisme. Nous, avec nos artistes, nos acteurs, nos intellectuels, pouvons éradiquer le terrorisme», a-t-elle fièrement lancé.
Mourad, jeune homme de 34 ans, fait à son tour la queue devant les guichets de cinéma, sans être découragé par la longue attente et la menace terroriste.
«Notre présence ici est un défi au terrorisme. La vie continue, elle ne s’arrêtera pas. Nous les combattrons [les terroristes] par tous les moyens», a-t-il insisté.
«L’importante affluence des Tunisiens sur les guichets du Théâtre Municipal [où sont vendus les billets du festival, ndlr] est l’équivalent d’une lettre recommandée envoyée aux terroristes, un message pour leur dire que les Tunisiens n’ont pas peur et que la vie continue».
Les Journées Cinématographiques de Carthage, prestigieux festival de cinéma tunisien, africain et mondial, a démarré samedi avec, au programme, 300 films de 56 pays, projetés dans 30 salles. Environ 150 000 spectaeurs sont attendus tout au long du festival.
De longues files d’attente sont visibles devant les guichets des salles de cinéma de la capitale, en dépit de l’état d’urgence et du couvre-feu [21:00-05:00 locales] décrétés par le président Béji Caïd Essebsi après l’attentat terroriste contre un bus de la garde présidentielle, mardi: dans le centre ville de Tunis, qui avait fait 13 morts (dont le Kamikaze) et 20 blessés.