AA - Paris - Bilal Muftuoglu
''La Grèce n'aurait jamais dû entrer dans la zone euro'', a annoncé Yanis Varoufakis, ministre grec des Finances du gouvernement d'extrême-gauche.
S'exprimant, jeudi, lors d'une conférence organisée, à Paris, par Institute of New Economic Thinking en partenariat avec l'OCDE, Varoufakis a fustigé les politiques mises en place par la zone euro dans le contexte de la crise économique, l'accusant de ne pas avoir tiré des leçons depuis 2010.
''Les cinq dernières années seront un parfait cas d'étude sur la non-gestion d'une crise dans cinquante ou soixante ans'', a assené le ministre grec, soulignant qu'il n'est pas ''content'' des institutions financières en place. L'Union européenne (UE) a beau dire qu'elle consolide la zone euro depuis la crise, notamment par la création d'une union bancaire, elle n'attaque pas au vrai problème, a par ailleurs affirmé le ministre.
D'après Varoufakis, le problème fondamental de la zone euro serait donc sa construction originelle ''rigide'' et ''asymétrique''.
''Lorsque la Grèce est liée avec un pays comme l'Allemagne, vous aurez certainement un solde négatif sur le compte'', a insisté le ministre grec du parti Syriza, mettant en relief le ''flux massif de capital'' vers la Grèce des pays plus riches de la zone euro dont l'Allemagne.
Ce flux a en outre provoqué une ''fausse impression de croissance'' en Grèce, jusqu'à la crise actuelle, a-t-il poursuivi.
Abordant les problèmes propres à l'économie grecque, Varouflakis a indiqué que son pays et la Troïka prétendaient faire face à un ''problème de liquidité'' tandis que le pays souffrait en réalité d'un ''problème d'insolvabilité''.
Selon cet ancien professeur d'économie, la Troïka se déplacerait d'une capitale européenne à l'autre pour imposer ses mesures d'austérité, alors que ''son médicament n'est pas thérapeutique''.
Il a ajouté, à cet égard, que le fait que l'économie grecque n'a toujours pas renoué avec la croissance, alors que les salaires ont baissé de 40% dans le pays, serait lié à la ''malignité'' de l'UE.
Critiquant la structure actuelle de la zone euro, Varouflakis a tenu à préciser que ses remarques signalent en aucun cas ''une sortie par la Grèce de la zone euro''. Il a affirmé en outre que les architectures de la zone euro ont ''une obligation morale de la réparer et de ne pas la détruire''.
D'autre part, s'exprimant lors de la même conférence, Euclid Tsakalotos, ministre délégué aux Affaires économiques internationales du gouvernement de Syriza, a indiqué que l'UE devra ''repenser aux divergences régionales'' et réintroduire la diversité dans le système bancaire.
Selon Tsakalatos, l'UE pourrait favoriser la création des banques systémiques faisant l'objet de contrôles plus strictes ou encore celle d'un modèle financier pluraliste, ''disparu dans l'ère du néolibéralisme''.