AA - Istanbul - Tuncay Çakmak
Une étude de l’Institut Hazar des Stratégies, fait ressortir que, dorénavant, les installations énergétiques et les réseaux d’acheminement et de distribution des ressources naturelles sont la cible, dans le monde comme en Turquie, des organisations terroristes.
D’après cette étude, jusqu’au milieu des années 90, le pourcentage des attaques contre les installations énergétiques ne représentait que 2,5% du total des actes terroristes.
En 2013, ce pourcentage a atteint 20% du nombre total des attaques terroristes.
Entre 1980 et 2012, 9 500 attaques terroristes ont pris pour cibles les réseaux énergétiques.
Les pays les plus touchés par ces sabotages étant l’Irak, la Colombie et le Pakistan.
Ces attaques sont également sources de lourdes pertes économiques pour les pays touchés.
L’attaque terroriste contre l’oléoduc du réseau pétrolier Kirkouk-Yumurtalik en Turquie le 29 juillet dernier, aurait, selon les chiffres relayés par les médias, fait perdre 250 millions de dollars au gouvernement du Nord de l’Irak.
Le 28 juillet dernier, c’était le gazoduc entre la Turquie et l’Iran qui avait été la cible des terroristes, interrompant pendant une semaine l’acheminement du gaz naturel, alors que cette ligne assure à hauteur de 18% l’alimentation annuelle de la Turquie.
La dernière attaque, celle du 4 Août, contre le gazoduc Bakou-Tbilissi-Erzurum, qui représente 12,33% de l’alimentation en gaz de la Turquie, a démontré le besoin urgent de mettre en place des mesures pour sécuriser les installations énergétiques.
D’autres exemples à travers le monde confortent cette tendance des actes terroristes.
En Janvier 2015, le réseau électrique pakistanais avait été la cible des terroristes, interrompant l’alimentation en électricité de plus de 140 millions d’habitants.
En 2013, l’attaque contre le gazoduc de Amenas en Algérie avait causé la mort de 40 personnes. Les partenaires étrangers du projet avaient décidé de se retirer et la capacité de l’installation a très largement été diminuée.
L’Algérie aurait perdu plus de 150 millions de dollars suite à cette attaque.
Selon l’étude de l’Institut Hazar, il est nécessaire de mettre en place plusieurs séries de mesures afin de sécuriser les installations énergétiques.
A court terme, il faudrait multiplier les contrôles réguliers des installations, renforcer les équipes d’intervention d’urgence et restreindre les accès aux zones sensibles.
A moyen terme, il est nécessaire de renforcer et développer la coopération entre les secteurs publics et privés.
Les échanges d’informations et de renseignements pourraient empêcher les attaques.
A long terme, il pourrait être envisagé de créer une organisation mère qui serait chargée d’assurer la sécurité des infrastructures énergétiques, comparées par l’institut au squelette d’un être humain.