AA/Desk/Esma Ben Said
Le Niger va établir sa première émission de sukuks islamiques d’une valeur de 260 millions de dollars, a annoncé la Société islamique pour le développement du secteur privé (SID), filiale de la Banque islamique de développement.
Ces obligations islamiques seront émises par le Niger au cours des cinq prochaines années dans deux opérations distinctes d’une valeur de 130 millions de dollars chacune, a détaillé la SID, basée en Arabie Saoudite, dans un communiqué publié jeudi soir et dont Anadolu a eu connaissance.
«Le gouvernement a déjà un certain nombre de projets qui pourraient être financés par des sukuks», a affirmé le ministre nigérien de la planification, Amadou Boubacar Cissé, cité par le document. Le ministre n’a toutefois pas précisé la nature de ces projets.
Depuis l'année 2014, les marchés africains s’ouvrent progressivement à la finance islamique, encouragés par les débuts de ventes de sukuks souverains et des efforts législatifs de certains pays dont le but est de rendre le secteur plus attrayant pour les entreprises.
Par cette nouvelle initiative, le Niger s’inscrit donc dans un sillon financier déjà emprunté par le Sénégal et l’Afrique du Sud qui avaient respectivement émis, pour la première fois l’an dernier, des sukuks souverains d'une valeur de 200 millions USD et 500 millions USD, tandis que la Côte d’ivoire envisage prochainement d’émettre des sukuks d’une valeur de 400 millions de dollars.
Le projet du Sukuk- Sénégal lancé l'an dernier, a d'ailleurs été couronné au mois de janvier à Kuala Lumpur (Malaisie) meilleur projet africain pour l’année 2014 par IFN Award de Redmoney, la plus prestigieuse distinction dans la Finance islamique, selon un communiqué récent du ministère sénégalais de l’Economie, des Finances et du Plan.
Conforme à la recommandation religieuse issue du Coran qui interdit aux fidèles directement le prêt à intérêt (riba), le sukuk consiste pour la banque à acheter un bien et à le revendre immédiatement à un prix majoré au client, qui rembourse alors selon un échéancier sur lequel les deux parties se sont entendues.
Le Sukuk est en fait à la finance islamique ce que les Asset Backed Securities (ABS) -ou valeur mobilière adossée à des actifs- sont à la finance conventionnelle.