Sanaa Ou Amir Ahamada
06 Août 2026•Mise à jour: 06 Août 2026
La mairie d'Agde (Hérault), tombée aux mains du Rassemblement national en mars dernier, a dû retirer une affiche de prévention diffusée sur ses plages après avoir été accusée de stigmatiser les vacanciers d'origine étrangère, rapporte Libération.
Selon les informations de Libération, le visuel, généré par intelligence artificielle, avait été publié le 31 juillet dans le bulletin municipal puis placardé sur le littoral. Il représentait trois hommes d'apparence méditerranéenne assis sur le sable, fumant la chicha à côté d'une enceinte, sous le titre « Ta chicha et ta musique, on n'en veut pas ! Nos vacances, tu les respectes ».
L'affiche entendait faire respecter un arrêté municipal du 2 juillet interdisant chichas, narguilés et pipes à eau sur les plages, sous peine d'une amende pouvant atteindre 150 euros.
Libération rappelle que c'est l'association SOS Racisme qui a révélé la polémique auprès du Midi Libre. Son directeur général, Valentin Stel, dénonce une communication « très agressive » qui « enfonce des portes ouvertes » en martelant des interdictions déjà sanctionnées par la loi.
Toujours selon Libération, il critique également l'usage du tutoiement envers des adultes, qu'il qualifie de forme d'agressivité incompatible avec la dignité qu'une institution publique doit à ses administrés. Il estime que l'opposition entre un « tu » et un « nous » revient à diviser artificiellement une population de vacanciers venue, tous ensemble, profiter de ses congés.
D'après l'enquête de Libération, la campagne de communication comportait une seconde affiche, « Gaulé ou pas gaulé, tu restes habillé », mettant en scène deux hommes torse nu pour rappeler l'interdiction de se promener dévêtu en ville, reprenant le même ton familier.
Bien que l'affiche incriminée ne tombe pas sous le coup de la loi, n'étant que suggestive, la municipalité a fini par la retirer des plages, précise encore Libération. Interrogée par la presse locale, la mairie a justifié sa démarche par une recrudescence des comportements jugés problématiques, sans toutefois répondre aux accusations de discrimination qui lui sont adressées.